Extrait du discours de Jean Claude Mailly (travail du dimanche) – 23ème congrès de la CGT-FO

Extrait du discours de Jean Claude Mailly (travail du dimanche) – 23ème congrès de la CGT-FO

L’acceptation de cette politique économique libérale, étendard vis-à-vis de Bruxelles, conduit à ce que j’appelle de l’autoritarisme social. Et le projet de loi du nom de l’actuel ministre de l’Economie et la façon dont il a été élaboré, en est la dernière preuve indiscutable.

C’est la traduction législative des gages à donner conformément aux pactes signés au niveau européen, en s’engageant sur des réformes dites structurelles qui constituent, ni plus ni moins, des contre réformes sociales. C’est le cas pour le projet de loi dit de « croissance et d’activité » qui a été qualifié, avant même son examen devant les parlementaires, de « loi de liberté et de progrès », mais rebaptisé par FO de « loi libérale et de régression ».

Tous les ingrédients sont là, je dirais même que c’est la réalisation de certains fantasmes du Medef : le travail du dimanche créera de l’emploi et favorisera le commerce et le tourisme. La justice prud’homale est trop longue et trop incertaine pour les patrons, liberté de licenciement pour embaucher sereinement et réformer les seuils sociaux et les IRP, favorisera l’emploi et débloquera la peur d’embaucher ! On n’est plus dans le domaine du réel mais dans celui de la psychanalyse. « Laissez-nous licencier librement et tout ira mieux », voilà ce qu’on cherche à nous expliquer.

Le travail du dimanche est un des éléments de cette loi fourre-tout où sont traités, entre autres, les professions réglementées, la réforme des prud‘hommes et l’épargne salariale ainsi que les licenciements collectifs économiques. Je n’ai pas le temps de me pencher sur chaque sujet mais sachez que nous avons fait connaître nos analyses, positions et revendications bien qu’en absence de réelle concertation sur l’ensemble de ces sujets ! Je peux même vous dire que si nous avons à notre demande été reçus par le groupe UMP, ce ne fut pas le cas du groupe PS à l’Assemblée nationale où le président de groupe M. LE ROUX ne doit pas avoir envie que FORCE OUVRIERE s’explique devant l’ensemble des députés concernés. Ça en dit long.

La concertation ne se décrète pas seulement devant les caméras, la concertation elle se vit. Il en est de même pour le dialogue social !

Penser un seul instant que l’ouverture du dimanche créera de l’emploi relève au mieux de l’utopie au pire de l’aveuglement et de l’idéologie.

Par ailleurs, sur ce point précis du travail du dimanche, nous pensons toujours que ce projet de loi en l’état n’est pas conforme à la convention 106 de l´OIT.

Dernièrement, le gouvernement a mis en place une commission d’évaluation des impacts sur l’emploi des mesures du texte qui se révèlent d’une part difficiles à chiffrer, mais qui montre, notamment pour le travail du dimanche, que pour un effet sur l’emploi il faudra un usage INTENSE du travail du dimanche !

Le moins que l’on puisse dire c’est que les sirènes du patronat ont trouvé un écho chez l’exécutif.

Le gouvernement a même annoncé qu’il allait réunir les interlocuteurs sociaux pour faire le point sur la loi de sécurisation de l’emploi qui a fait suite à l’ANI de 2013 que FO a largement combattu. « Une réunion pour quoi faire ? » allez-vous me dire. Et bien pour le patronat, deux ans de maintien dans l’emploi, c’est encore trop long et il faut plafonner les indemnités de licenciement dans les jugements. Il s’agit donc de montrer qu’une loi déjà très libérale ne l’est pas encore assez et qu’il faut ajouter de la flexibilité à la flexibilité et de la précarité à la précarité !

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l’intégralité du discours :

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