Trente ans avant les congés payés...

La lutte pour réduire le temps de travail
LA LOI SUR LE REPOS HEBDOMADAIRE OBLIGATOIRE
 

Trente ans avant les congés payés arrachés par la grève généralisée lors du Front populaire, la CGT obtient enfin le dimanche chômé.
Mais aujourd’hui c’est le lundi de Pentecôte que les pouvoirs publics suppriment.

 

Le 13 juillet 1906, le Parlement vote la loi Sarrier, instaurant le repos dominical obligatoire de 24 heures pour les ouvriers et les employés de commerce. Mais la bataille fut rude pour obtenir cette avancée, parfois même gradjouan-2776.jpgcontre des personnes inattendues.

 

Ce combat se situe dans le contexte de l’abaissement du temps de travail. La loi du 30 mars 1900, appliquée à partir de 1904, instaure la semaine de 60 heures.

 

Nous sommes encore loin des quinze jours de congés payés de 1936, mais le dimanche chômé est le bienvenu, d’autant qu’il revient de loin. Ce repos dominical avait été précédemment instauré le 18 novembre 1814, sous la pression de l’Église qui souhaitait que les travailleurs puissent se rendre à la messe du dimanche matin. Mais, le 12 juillet 1880, cette loi est abrogée par des députés anticléricaux bornés qui n’ont pas compris qu’ils renvoyaient ainsi à l’atelier des ouvriers brisés par la fatigue.

 

Pourtant, le grand penseur anarchiste, Proudhon, peu soupçonnable de «jésuiterie curaillonne», avait publié une brochure au titre évocateur: «De la célébration du dimanche considérée sous les rapports de l’hygiène publique, de la morale, des relations de famille et de cité». Dans la même veine, le docteur Féré écrivait à cette époque: «Le repos hebdomadaire autorise une restauration des poumons, un rétablissement de la circulation sanguine et de l’activité sensorielle, un apaisement du système nerveux, une reviviscence des capacités d’attention et de raisonnement logique. Le respect du dimanche désamorce le surmenage.»

 

UNE LOI DÉTOURNÉE

 

Jaurès militait aussi pour le dimanche chômé et la CGT appelait à «la grève générale du dimanche».

 

En effet, de 1880 à 1906, les ouvriers devaient passer leurs dimanches matin à nettoyer leurs machines. Dès 1889, le député Nadaud a voulu supprimer la loi de 1880.

 

Pourtant, une fois votée, la loi Sarrier sera largement amputée. Les préfets autorisent 13 000 dérogations, surtout pour le petit commerce. Si des employeurs font travailler le dimanche sans dérogation, ils doivent payer une contravention de… un franc! Vingt-neuf mille contraventions ont été dressées en 1906; même nombre en 1907.

 

Et cette situation perdure aujourd’hui. En 2000, vingt mille commerces ont ouvert illégalement, surtout dans l’alimentation et la grande distribution, bien que le repos dominical soit inscrit dans le Code du travail. Dans cette volonté de s’en prendre au repos dominical, le député Patrick Balkany a déposé une proposition de loi le 30 janvier 2003 pour autoriser l’ouverture du dimanche dans tous les commerces de détail. Enfin, le 30 juin 2004, le gouvernement Raffarin a instauré la fameuse «journée de solidarité» rendant le lundi de Pentecôte travaillé, mesure qui ne touche, comme d’habitude, que les salariés.

http://www.force-ouvriere.fr/1906/index.asp?dossier=4000

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