LE FORCING DE CONFORAMA


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Ne digérant pas une décision de justice la condamnant à fermer ses magasins le dimanche, la direction du distributeur de meubles s’en prend notamment au syndicat FO, à l’origine de la plainte. 

Pour ouvrir leurs magasins le dimanche, certaines enseignes de la distribution de meubles en Ile-de-France sont prêtes à tout: braver les décisions de justice, exercer un chantage à l’emploi, instrumentaliser des salariés, dénigrer l’action syndicale... En tête de gondole, on trouve Conforama, filiale du groupe PPR, qui refuse de se soumettre à une décision du tribunal de grande instance de Pontoise condamnant ses trois succursales du Val-d'Oise à verser chacune 50.000 euros d'astreinte par dimanche travaillé. Une condamnation à la suite d’une plainte du syndicat FO-commerce visant plusieurs enseignes du département qui ouvrent le dimanche depuis des années sans en avoir l'autorisation. Outre Conforama, les magasins Alinéa, Casa, Fly, Atlas, Crozatier ont été mises également en demeure de respecter la loi sous peine de sanctions financières. Pour FO, il ne s’agit là que de faire respecter loi selon laquelle le travail dominical est interdit hors dérogation.

Mais la direction de Conforama ne s’y résout pas. Depuis sa condamnation le 14 septembre, elle ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Quitte à employer les moyens les plus douteux. Outre son refus de se soumettre à la justice en continuant d’ouvrir ses trois magasins, elle s’est lancée dans une vaste campagne de dénigrement de l’action de FO. La semaine dernière, elle a organisé ainsi une manifestation devant l'Union départementale FO à Cergy-Pontoise. Tous les responsables de ses magasins franciliens avaient reçu l’ordre ce jour-là d’envoyer à leur frais une trentaine de salariés du dimanche après avoir mis à leur disposition des véhicules siglés Conforama. Une autre opération de ce type pour «libérez le dimanche» avait eu lieu le 23 septembre à Herblay. Quelques salariés et cadres dirigeants, tous habillés de tee-shirts... jaunes aux couleurs de l'enseigne ont défilé en scandant des slogans anti-FO, accusée de les «prendre en otage». La lutte des classes à l’envers. Et mardi dernier, avec ses concurrents adeptes de l’ouverture dominicale, Ikea, But et Alinéa, la direction de Conforama a tenu une conférence de presse pour réclamer une réglementation taillée pour le secteur de l’ameublement en Ile de France. «La fermeture le dimanche représente une menace grave pour l'emploi, pour notre chiffre d'affaires et pour les habitudes de nos clients. Nous demandons la suspension des actions menées à notre encontre», a affirmé le président de Conforama. Une demande à laquelle la ministre de l’Économie Christine Lagarde a été sensible. «J’ai été très frappée par cette manifestation la semaine dernière des employés de Conforama (…) Je veux leur dire que nous les avons bien entendus», a-t-elle dit mardi devant les députés.

En attendant, FO a décidé de poursuivre son combat pour préserver le repos dominical qui «dépasse Conforama». Son avocat Me Vincent Lecourt a annoncé qu'il avait d’ores et déjà saisi le juge de l'exécution civile de Pontoise pour obtenir le versement des astreintes par Conforama et Alinéa dans le Val-d'Oise qui continuent d'ouvrir sans payer. Il a également annoncé qu'il avait déposé un référé pour obtenir la fermeture sous astreinte d’Ikéa de Franconville (Val-d'Oise).
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Repos dominical - FEC FO