Les commerçants divisés sur le travail dominical

PARIS (AFP) — Les professionnels sont divisés face au projet du gouvernement d'assouplir la loi sur le travail dominical: les petits commerçants du textile y sont hostiles mais grands magasins, grandes surfaces alimentaires et chaînes de l'habillement prônent au contraire plus de liberté.

Le gouvernement a affirmé dimanche sa volonté d'assouplir la législation sur le travail du dimanche, grâce à une proposition de loi UMP qui devrait être débattue d'ici la fin de l'année, cette réforme constituant selon lui une arme pour soutenir l'emploi face à la crise.

Pour le secrétaire d'Etat à la Consommation Luc Chatel, "partout où les magasins ouvrent le septième jour, l'activité a été favorisée". "Le commerce du dimanche, c'est des emplois et de la croissance!", a-t-il ajouté.

"L'ouverture le dimanche n'apporte absolument pas de chiffre d'affaires en plus" aux magasins, a réagi Charles Melcer, président de la Fédération nationale de l'habillement qui fédère les petits magasins de prêt-à-porter.

Fervente opposante à un assouplissement de la législation sur le travail dominical, cette fédération craint une concurrence déloyale de la part des grandes chaînes de l'habillement, qui peuvent plus facilement trouver du personnel pour travailler le dimanche, contrairement aux petits magasins.

"Si un magasin ouvre tous les dimanches dans une année, son chiffre d'affaires reste stable (par rapport à une année ordinaire) mais la masse salariale augmente de 15%", a soutenu M. Melcer, soulignant qu'une réforme "ne sert à rien" puisque le "pouvoir d'achat du consommateur n'augmente pas".

Même son de cloche chez les syndicats, qui estiment que le travail dominical entraînerait "la destruction de 100.000 emplois stables dans les petits commerces".

Le commerce de proximité "serait dans l'incapacité d'assumer les coûts supplémentaires générés et devrait se résoudre à voir diminuer sa part de marché (...). Beaucoup de commerces disparaîtraient", a prévenu la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

Les grands magasins et les grandes surfaces alimentaires sont elles favorables à une dizaine de dimanches par an.

Elles militent particulièrement pour une simplification de cette législation, datant de 1906 et à connotation religieuse, rendue compliquée par la multitude de dérogations (180).

Les magasins de bricolage et les fleuristes peuvent ainsi ouvrir le dimanche, mais pas les chaînes textiles alors que les grandes surfaces alimentaires doivent fermer à partir de midi. Les magasins ont le droit d'ouvrir cinq dimanches par an, à condition d'obtenir une dérogation de la part des maires.

"Il ne faut pas rester sur le régime des dérogations, parce qu'il y a des villes comme Rennes et Nantes où les maires donnent zéro autorisation", a rappelé Jacques Perrilliat, président de l'Union du grand commerce de centre ville, fédérant les grands magasins.

Les grands magasins parisiens devraient pouvoir ouvrir tous les dimanches dans les zones dites touristiques, comme le boulevard Haussmann, où se trouvent les Galeries Lafayette et Le Printemps, selon M. Perrilliat.

"L'ouverture dominicale doit relever du volontariat. Il n'y a aucune raison que les magasins textiles ne puissent pas ouvrir dans les zones commerciales où les magasins d'ameublement sont ouverts le dimanche", a ajouté Lucien Odier, président de la Fédération des enseignes de l'habillement, qui représente les grandes chaînes textiles.

Les commerçants s'accordent cependant sur une double rémunération pour un dimanche travaillé.

 

13 octobre 2008

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