LE GOUVERNEMENT REVIENT À LA CHARGE

Travail dominical
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Le gouvernement voudrait profiter de la crise financière pour faire passer un texte de loi permettant aux patrons de faire travailler leurs salariés le dimanche.

La crise financière, une aubaine pour le gouvernent français? Au moment même où les chefs d’Etats et de gouvernements européens se penchaient avec mansuétude au chevet des banquiers, on apprenait ce week-end par la voix du secrétaire d'Etat à la consommation Luc Chatel et du ministre du Travail Xavier Bertrand, leur volonté d’«assouplir» avant la fin de l’année la loi sur le travail dominical.

Dans un entretien au journal du dimanche (JDD) qui lui ouvrait ses colonnes pour commenter un (énième et opportun) sondage sur le sujet, M. Chatel a expliqué que la crise actuelle était «justement le moment d'avancer, de favoriser la consommation et d'aller chercher de la croissance». Selon lui, «le commerce du dimanche, ce sont des emplois et de la croissance» car «partout où les magasins ouvrent le septième jour, l'activité a été favorisée».

Interrogé le même jour par les télés et les radios, M. Bertrand a plaidé, de son côté, pour que «les règles bougent». Selon lui, «si la législation reste en l'état, des entreprises vont fermer le dimanche car elles en auront assez de payer des astreintes» et «cela veut dire la perte d'une majoration de salaire pour les employés voire la perte de leur emploi». Si le ministre du Travail a promis que la prochaine réglementation prévoirait des «garanties», notamment une «majoration de salaire, ce qui signifie être payé double (sic)» et un «droit au refus» pour le salarié.

Mais M. Chatel ne semblait pas être sur la même longueur d’onde puisque celui-ci s’est contenté d’affirmer que le futur texte législatif contiendrait des «majorations salariales». Comme «certaines enseignes» (déjà autorisées à ouvrir le dimanche) prévoient aujourd’hui «un jour de récupération» ou «une double rémunération (...), nous veillerons à ce que la formule la plus bénéfique aux employés soit privilégiée», a t-il précisé. Quant au volontariat du salarié, «nous sommes bien sûr particulièrement vigilants sur la défense du droit au refus des salariés. Mais c'est aux branches d'activité et non à la loi d'en définir les conditions», a déclaré le secrétaire d'Etat à la consommation.

Les réactions des syndicats ne se sont pas fait attendre, notamment FO et la CFTC, en première ligne sur ce dossier. La CFTC rappelle ainsi que le salarié «n'est pas libre» de choisir en raison du lien de subordination l’unissant à son patron. Sur les primes accordées aujourd'hui aux salariés du dimanche, l’organisation chrétienne rappelle également «qu’aucune loi en France n'oblige à payer plus et (…) beaucoup de salariés qui travaillent le dimanche sans être payé plus».

Pour FO, «alors que le besoin de re-réglementation s’exprime fortement sur les marchés financiers, il est pour le moins paradoxal, voire indécent, d’entendre le gouvernement vouloir à nouveau déréglementer la durée du travail en voulant étendre le travail le dimanche». Et d’ajouter, «personne ne fera croire aux salariés que (…) ce n’est pas en banalisant le travail le dimanche, qu’on réglera la crise mais en soutenant notamment le pouvoir d’achat des salaires, l’investissement, la recherche… »



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