VERS QUELLE SOCIÉTÉ ?

Le Président de la République, aidé par le Ministre du Travail, remet à l'ordre du jour le travail dominical.

Monsieur MALLIÉ, porte flingue des tenants du travail dominical et député des Bouches-du-Rhône, va présenter une nouvelle mouture de sa loi. Le monsieur est têtu puisqu'il avait déjà tenté en 2004 de présenter une proposition de loi allant dans ce sens. Rien ne le décourage, pas même l'hostilité d'une grosse partie des députés de la majorité.

Le travail qu'a mené notre Organisation Syndicale ces derniers mois, (diffusion de tracts, pétitions, lettres aux Maires, aux Députés, aux associations des Maires de France, cartes postales pour le Président de la République, lobbying en tout genre, mise en place d'un blog, participation à des émissions télévisées ou radiophoniques, interview de la presse, procès envers le travail illégal), a été fructueux puisque le projet initial du député sus nommé a été revu. jecn7.jpg

Pour autant cette proposition de libéralisation demeure. La présentation par un Député exonère le gouvernement de mener une négociation avec les interlocuteurs sociaux. C'est une astuce qui prouve le grand respect de ce gouvernement pour la démocratie. Il doit penser, à juste raison, que la majorité des Français serait défavorable à ce projet et il a raison ! Plus de 80% d'entre-eux restent attachés à un jour de repos commun. Et ce n'est pas le sondage pipé du mois d'octobre qui peut en apporter la preuve contraire.

A l'heure où nous écrivons ces lignes nous ne connaissons pas la teneur exacte de la “nouvelle proposition de loi MALLIÉ” qui devrait être déposée rapidement. La seule piste que nous ayons, est qu'il s'agirait de permettre le travail dominical dans les régions de PARIS-ILE DE FRANCE, AIX EN PROVENCE-MARSEILLE, LYON, LILLE. Autrement dit de régulariser la situation des contrevenants que notre organisation a traînés devant les tribunaux. Une loi sur mesure, quelque part une invitation à la délinquance des grandes entreprises ! Toujours le même souci démocratique de ce gouvernement.

Bien sûr, ce sera sur la base du «sacro saint» volontariat, et du doublement du salaire pour le travail du dimanche, sauf que… si vous êtes demandeur d’emploi et que l'on vous offre en dernière “offre valable d'emploi “, (celle que vous ne pouvez refuser sous peine de voir vos allocations chômage disparaître), vous serez obligé d'accepter de signer un contrat qui vous conduira à travailler le dimanche et à avoir un doublement de ce salaire ridicule. Une salariée s'expliquait à la radio sur les raisons qui la conduisait à travailler un jour férié. Elle expliquait qu'elle n'avait pas le choix car autrement, elle serait “mal vue” par son patron. Mal vue avec tout ce que cela signifie derrière… Les augmentations individuelles sont très courantes dans le commerce ; si un ou une salarié(e) refuse de travailler le dimanche devinez quelle sera son augmentation individuelle !

Le volontariat n'existe pas ! Sauf à modifier l'article du code du travail qui prévoit que l'organisation du travail appartient à l'employeur. Là, il y aurait vraiment volontariat.

En ce qui concerne la majoration, elle fait bien sûr partie de la masse salariale. Si la partie majoration représente 10% de celle-ci, la partie réservée aux salaires sera amoindrie d'autant. D'où une dépendance financière des salariés… et nous voilà revenus à la notion de volontariat ! Notons également que ni volontariat ni majoration ne seraient prévus pour les salariés travaillant dans des zones touristiques. Ils sont soumis au même régime que ceux de l'ameublement.

Le critère retenu pour désigner ces 4 régions est le nombre de leurs habitants (plus de 1 million). Sauf que la définition de région est floue. Si le périmètre de Paris et de l'Ile de France est bien défini, il n’en n’est pas de même des autres régions. Où commence et où s'arrête la région de Lille ? Ou de Lyon ? Ou d'Aix en Provence-Marseille ? Encore et toujours du flou pour permettre des dérogations plus larges.

Et comme si les dimanches ne suffisaient pas, voilà qu'à travers un rapport sur les commémorations, le gouvernement veut s'attaquer aux jours fériés ! Dans le commerce, nous connaissons. Il ne reste pratiquement que le 25 décembre, le 1er janvier et, bien sûr, le 1er mai qui restent chômés.

Donc, nous travaillerons dans l'avenir 7 jours sur 7 toute l'année, sans jour de repos commun et avec des horaires pouvant s'étaler sur 24 heures. Et tout cela pour consommer ! Consommer devient la seule raison de vivre de l'être humain. Si l'Homo Sapiens avait su cela, il serait resté tranquille avec les grands singes !

Dans la société, nous nous trouverons sans jour de repos commun, sans moment privilégié pour élever nos enfants, du moins pour les plus faibles, les moins formés, les plus démunis et dont la situation familiale est la plus difficile ! Voilà une vraie société solidaire et bien pensée. Mais ceux qui nous gouvernent, pensent-ils encore à autre chose qu'à leurs intérêts..?

Le JEC dans son intégralité :

http://www.fecfo.fr/spip.php?rubrique28

FO COMMERCE - commerce@fecfo.fr -  Hébergé par Overblog

Repos dominical - FEC FO