Travail le dimanche: un rapport embarrassant pour le gouvernement

Par Thomas Bronnec, publié le 27/11/2008 12:27 - mis à jour le 27/11/2008 14:04
 

AFP


Un panneau annonce l'ouverture d'une grande surface à Rots (Calvados) pour un dimanche de décembre 2007.

Le Credoc publie une étude qui remet en question les effets du travail dominical sur l'économie. Cette mesure aurait un impact "limité". Les Français préféreraient la fermeture tardive des magasins pendant la semaine.

Dans la majorité, les tensions semblent s'apaiser sur le travail du dimanche. Mais le débat sur l'efficacité économique de la mesure qui s'apprête à être examinée par l'Assemblée rebondit. Le Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) vient en effet de publier une étude qui remet en question les effets positifs du travail dominical sur l'économie.

Elle a été remise à Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la Consommation. Voici un petit florilège des conclusions des deux auteurs, Philippe Moati et Laurent Pouquet.


L'impact sur l'économie : "très limité"
"On s'attend à ce que l'effet net de la libéralisation de l'ouverture des magasins le dimanche sur la demande globale adressée au commerce soit très limité, et que l'essentiel des ventes réalisées le dimanche corresponde au transfert de ventes initialement réalisées les autres jours de la semaine", affirment les auteurs.

En effet, ils montrent que, parmi les Français prêts à faire leurs achats le dimanche, ils sont très peu nombreux à assurer que cette possibilité  les amènerait à augmenter leurs dépenses globales. Autrement dit, la plupart des produits achetés le dimanche l'auraient été, de toutes façons, à un autre moment dans le semaine.

Par ailleurs, les simulations opérées par le CREDOC sur l'emploi ne montrent pas d'impact réellement significatif, ni négatif, ni positif.


Les Français pas si fans de l'achat dominical...
"Plus de la moitié des personnes qui bénéficient d'un accès à une offre commerciale dominicale ne réalisent pas d'achat le dimanche", indique par ailleurs les auteurs qui enfoncent le clou : "les adversaires de la libéralisation sont majoritaires parmi les personnes qui, aujourd'hui,  n'ont pas accès au commerce le dimanche, ainsi que dans la sous-population qui n'achète pas, ou seulement rarement, le dimanche".

En clair, "ceux qui auraient le plus à gagner à la libéralisation" du travail le dimanche sont en majorité défavorables à cette mesure...


Des alternatives au travail le dimanche ?
"Lorsqu'on soumet les Français au choix entre l'ouverture des magasins le dimanche ou leur fermeture tardive au moins une fois par semaine, la fermeture tardive est préférée à l'ouverture dominicale par 60% des personnes qui ne rejettent pas en bloc les deux formules".


Conclusions du Crédoc
Les deux auteurs terminent leur étude en assurant que, même si une petite majorité des Français se dit favorable à la libéralisation du travail le dimanche, "l'analyse approfondie des résultats de l'enquête incline à penser que ce constat ne témoigne pas nécessairement de l'existence d'une aspiration profonde des Français à voir les magasins systématiquement ouverts le dimanche".

Ils mettent également en garde contre un risque de décalage ceroissant entre l'évolution du pouvoir d'achat et celle du "vouloir d'achat". L'exposition plus longue à la tentation de la consommation, induite par l'ouverture des magasins le dimanche, risque selon eux de "renforcer le sentiment de restriction et de frustration". De quoi peser sur le moral des ménages.

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