DIMANCHE: LES OUTRAGES DU TEMPS VOLÉ

SECTEUR PRESSE - MARDI 2 DÉCEMBRE 2008
Questions de bon sens
 
> DIMANCHE: LES OUTRAGES DU TEMPS VOLÉ
Article de Gérard Mazuir, Secrétaire confédéral, paru dans FO Hebdo n°2873

La majorité de la population salariée est aujourd’hui quasiment menacée par les offensives gouvernementales teintées d’un libéralisme économique persistant. Autant les propos lénifiants sur la crise financière du capitalisme ont laissé croire, par de grands discours sur la régulation, la transparence, la coopération entre les États, la lutte contre les paradis fiscaux, que le plus haut niveau de l’exécutif avait pris la mesure de la financiarisation de l’économie. Autant la continuité de la mise en œuvre de la déréglementation du «modèle social français» est avérée, malgré quelques attitudes laissant entendre que les banquiers sont aux ordres. Non seulement la crise du capitalisme va durer de longs mois, le temps pour les actionnaires de se refaire, comme au casino, mais encore tout laisse à penser que le gouvernement cherche à contre-réformer pour leur offrir cette possibilité. Le silence du patronat français est significatif. Et pourtant en matière de remise en cause des salariés, tout y passe: la hausse du chômage, la perte du pouvoir d’achat des salaires, la Sécu, les services publics, les retraites, comme si le pouvoir s’obstinait à décupler les effets de la crise du capitalisme pour mieux rebondir dans deux ou trois ans.

L’extension du temps de travail avec l’adoubement de la position commune de la CGT, de la CFDT et du MEDEF, ainsi que l’acharnement avec lequel le gouvernement manipule l’opinion, même au sein de sa propre majorité, pour faire aboutir sa contre-réforme du travail du dimanche en sont la preuve manifeste par l’adage selon lequel «une journée de travail en plus est bonne pour la croissance». La virtualité dogmatique d’une telle règle renferme tous les ingrédients pour ajouter à la crainte des salariés de travailler plus en gagnant moins. La banalisation du travail le dimanche porte en elle tous les ferments de l’indécence, car l’alignement progressif du dimanche sur les autres jours de la semaine ne fera du temps de travail qu’un temps de production et de consommation, sans rupture, sans rythme, sans moment pour soi ni pour les enfants, ni pour les associations. Le très sérieux sondage BVA, effectué les 10 et 11 octobre derniers à la demande de la Fédération Force Ouvrière des Employés et Cadres, atteste le point de vue des premiers concernés. En effet, 81% des salariés veulent préserver le dimanche comme jour de repos commun et 72% d’entre eux n’iraient pas davantage dans les commerces ni dans les services publics le dimanche.
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