Un accord pour limiter le travail dominical dans les commerces

samedi 29 novembre 2008

Au carrefour de l'économie et du social

Un accord pour limiter le travail dominical dans les commerces

Un accord a été signé pour limiter l'ouverture des magasins de l'agglomération dijonnaise à deux dimanches par an.
ALORS que le débat sur le travail dominical a partagé la classe politique et que le gouvernement a finalement fait un pas en arrière significatif, les salariés et les patrons dijonnais n'avaient pas attendu une loi pour se mettre d'accord.
Au terme de plusieurs semaines de tractations, les syndicats des salariés des commerces et les organismes patronaux ont signé cet accord hier matin, dans le cadre d'Entreprissimo.
Cet accord concerne les 9 714 employés des commerces de détail travaillant sur le Grand Dijon.
Il prévoit que seuls deux dimanches essentiels pour les affaires seront ouverts dans les commerces. Il s'agit pour l'année 2009 des dimanches 13 et 20 décembre. Il faut savoir que ce genre d'accord intervient toujours en décembre pour les fêtes de Noël de l'année suivante. Ainsi, les dates retenues pour cette année sont les dimanches 14 et 21 décembre 2008.

Les arguments des syndicats
Chacun des syndicats de salariés signataires a expliqué son point de vue. Ainsi, FO note une multiplication des emplois précaires « qui aimeraient mieux être transformés en emplois de plein-temps qu'en dimanches travaillés ». Ces dimanches posent des questions pratiques importantes pour les vendeuses qui doivent trouver une solution pour garder leurs enfants. Ont-elles vraiment le choix, comme la loi voulait l'affirmer en parlant de volontariat ? Pas du tout estime FO qui dénonce des « conditions forcées de travail du dimanche ».
Pour la CFDT, c'est le sixième accord consécutif qui limite ainsi les ouvertures des magasins à deux dimanches par an, au lieu des cinq autorisées par le Code du travail. Se félicitant de cet accord, la CFDT parle d'équilibre trouvé par les partenaires sociaux qui permet « de respecter les salariés et leur vie familiale, les usagers, et prend en compte les réalités économiques et sociales locales. » Pour la CFDT, une ouverture généralisée apporterait en revanche une concurrence féroce entre les grandes et les petites enseignes dont il est aisé de deviner quel serait le vainqueur.
La CGT s'est également félicitée de cette « résistance ». Pour elle, il ne faut pas que la crise économique permette aux pressions de la grande distribution d'atteindre leur but. La CGT rappelait qu'on avait demandé aux salariés d'Amora de faire aussi de la moutarde la nuit, avant d'annoncer leurs licenciements.
La CFTC, traditionnellement opposée au travail dominical l'était plus encore pour sa généralisation dans le petit commerce « qui risquait de fausser la concurrence entre les petits commerces et la grande distribution ». De plus, selon la CFTC, cette généralisation aurait forcément eu un effet d'entraînement dans les autres secteurs d'activité : les banques et les administrations, pour finalement « supprimer les dimanches ».
Les patrons sont d'accord.

Ainsi que l'expliquait dernièrement Daniel Exartier, président de la commission commerce à la CCI, la généralisation de l'ouverture des dimanches aurait été un contresens économique qui aurait conduit à répartir sur les sept jours de la semaine, un pouvoir d'achat qui n'est pas extensible à l'infini. Les ménages n'auraient pas forcément consommé plus et les commerces n'auraient pas eu les moyens de payer en heures supplémentaires.
On sait que seules quelques grandes enseignes étaient favorables à cette ouverture dominicale.
Il ne faut pas oublier que la loi aménage déjà des exceptions pour les commerces alimentaires ou les fleuristes.
Fallait-il aller au-delà ? Personne ne le souhaitait et pour une fois, le dialogue social s'est révélé payant.

Franck BASSOLEIL

http://www.bienpublic.com/actu/region/20081129.BPA1145.html
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