Travail dominical : Copé pour un compromis

TRAVAIL DOMINICAL.

Travail dominical : Copé pour un compromis

La proposition de loi sur le travail le dimanche doit être examinée demain par les députés. Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée, tente de désamorcer la fronde d’une partie de la majorité.

Propos recueillis par Nathalie Schuck | 15.12.2008, 07h00

LA RENCONTRE de la dernière chance ? Nicolas Sarkozy devrait recevoir ce soir les députés UMP hostiles à la proposition de loi de Richard Mallié sur le travail le dimanche. Objectif : trouver un compromis, alors qu’une partie de la majorité fait de la résistance, dénonçant... une « régression sociale ». Selon certains, ces frondeurs ne seraient plus qu’une petite vingtaine.

Mais Sarkozy en fait une affaire personnelle. « J’ai été élu sur la valeur travail. Notre recul serait un symbole ! » brandit-il, agacé que « tout le nord de la France foute le camp en Belgique le dimanche ». Pas décidé à plier, quitte à accepter un texte plus souple qu’il ne le souhaitait, le président a imposé que l’Assemblée entame le débat avant Noël.

Déterminée à lui barrer la route, la gauche compte bien mener une nouvelle guérilla parlementaire. « Ce n’est pas parce que le président s’ennuie le dimanche qu’il faut supprimer le repos dominical », grince le chef des députés PS, Jean-Marc Ayrault. Sauf nouveau report, la discussion s’ouvrira demain dans l’hémicycle avec, sur les bancs du gouvernement, Xavier Bertrand (Travail) et Luc Chatel (Consommation). Patron du groupe UMP, Jean-François Copé a son idée pour éviter la bronca.

Vous devez rencontrer ce soir Nicolas Sarkozy... C’est la réunion de la dernière chance ?

Jean-François Copé.
Il faut absolument éviter que notre majorité se divise sur ce sujet. Il faut une solution de compromis, qui permette à chacun de trouver son compte. Or, depuis le début, nous sommes sur un malentendu. Les auteurs du texte, d’abord, veulent apporter des réponses techniques à des situations absurdes. Je prends un exemple : dans les zones touristiques, celui qui vend des lunettes de soleil peut ouvrir le dimanche, alors que celui qui vend des lunettes de vue n’en a pas le droit ! Ça ne concerne pas que la question très parisienne des Champs-Elysées. Et il y a ceux qui sont opposés au texte, principalement pour des questions de principe, tout à fait respectables, sur le repos dominical. En tant que président de groupe, je mouille ma chemise depuis le début pour rapprocher les points de vue.

« Un système plus modéré »

Que préconisez-vous pour en sortir ?


Pour les zones touristiques, il n’y a aucun problème, notre groupe est unanime : on en reste au texte, en étant plus souple. Mais pour les quatre grandes agglomérations (NDLR : Paris, Lyon, Marseille, Lille), plutôt qu’un système qui permet l’ouverture tous les dimanches de l’année, on pourrait imaginer l’ouverture un dimanche par mois, plus les quatre dimanches du mois de décembre. Au lieu de donner le sentiment d’une généralisation du travail le dimanche dans ces grandes zones urbaines, avec le risque que cela porte atteinte aux petits commerces de proximité qui en sont proches, on aurait un système plus modéré ! J’ai multiplié les contacts avec les professionnels de la distribution. Cela permet de répondre à leurs attentes et à celles des consommateurs, et de maintenir le respect du repos dominical. Naturellement, on garde l’idée que les surfaces alimentaires ne pourront ouvrir que jusqu’à 13 heures le dimanche. Quant aux centres commerciaux tels que Plan-de-Campagne (NDLR : qui ouvre illégalement le dimanche près de Marseille), on pourrait les classer en zone touristique au cas par cas. En cette fin d’année si chargée, un bon arrangement vaut mieux qu’une mauvaise bagarre !

Le président ne paraît pas disposé à lâcher du lest…

Attendez, la réunion a lieu ce soir ! C’est une piste que je suggère pour permettre d’avancer, je crois que c’est une bonne formule. Ce serait une bonne chose que l’esprit de coproduction législative puisse s’appliquer à cette occasion.

Pourquoi Sarkozy s’entête-t-il sur ce texte, qui suscite tant de crispations ?


C’est un engagement de sa campagne ! Je suis comme lui, je suis favorable au travail le dimanche pour ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus. La formule que je propose y contribue. Maintenant, place à la discussion !

 


Le Parisien
http://www.leparisien.fr/politique/travail-dominical-cope-pour-un-compromis-15-12-2008-342424.php

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