Nous avons également réaffirmé notre opposition au travail du dimanche

ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 4 FÉVRIER 2009

MOBILISATION EXCEPTIONNELLE

 
Indéniablement, la journée de mobilisation du 29 janvier a été un succès:

– 2,5 millions de manifestants sur l’ensemble du territoire, du jamais vu dans beaucoup de villes selon nos militants;
– de nombreux salariés en grève dans public ou le privé.

Au centre des revendications: le pouvoir d’achat des salaires et des retraites, l’emploi et l’avenir des services publics.

Dans la tête de tous: quand il faut aider les banques et les entreprises, on trouve toujours de l’argent; quand il s’agit des salariés, il n’y en a jamais.

Non, il ne s’agit pas, comme l’ont dit certains responsables, d’un «exorcisme». Dire et croire que le 29 janvier était une grande séance de psychothérapie de groupe, c’est faire preuve d’une myopie exemplaire et/ou d’une déconnexion des réalités. Vivre dans les palais de la République conduit souvent à se couper du réel.

Régulièrement, depuis plusieurs semaines, nous avons développé et déposé des revendications en direction des pouvoirs publics et du patronat.

Sur le pouvoir d’achat:

– augmenter le SMIC;
– créer une vraie prime transport; – conditionner les exonérations actuelles de cotisations sociales patronales à l’existence d’accords de salaires;
– ouvrir des négociations de salaires dans les branches et dans la fonction publique.

Rappelons qu’une augmentation de salaire devrait comprendre a minima la hausse des prix et les gains de productivité.

Sur l’emploi:

– remettre en place des systèmes de préretraite compte tenu de l’augmentation importante du chômage;
– geler les licenciements, au moins dans l’attente des effets (promis par le gouvernement!) du plan de relance. Puisqu’il y croit, qu’il le montre!
– exiger des contreparties sociales, en terme d’emploi en particulier, à toute aide publique;
– limiter (voire interdire dans le cas d’aides publiques) le versement de dividendes aux actionnaires, qui plus est quand l’entreprise veut réduire ses effectifs.

Sur les services publics:

– geler la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et les réductions d’effectifs afin de garantir la pérennisation du service public républicain et ses déclinaisons (hôpital, école, etc.). Il en est de même pour les régimes sociaux.

Nous avons également réaffirmé notre opposition au travail du dimanche et à un nouveau tour de vis sur le droit de grève.

Certains commentateurs expliquent que les revendications sont multiples. C’est bien parce qu’il faut agir sur tous les points, qui sont liés, pour lutter contre la crise et remettre de l’égalité sociale dans le système actuel.

Pour ceux qui en douteraient encore, la crise met au grand jour la réalité des classes sociales.

Forts de la mobilisation exceptionnelle du 29 janvier, il faut maintenir la pression pour que le gouvernement et le patronat revoient leurs positions.

Une rencontre entre confédérations syndicales et organisations patronales devait avoir lieu en fin d’année dernière avec le président de la République sur le thème de «l’agenda social». Elle a été repoussée au début 2009. Lors des vœux, elle a été annoncée pour la première quinzaine de février. Il faut qu’elle ait lieu le plus rapidement possible, avec, à l’ordre du jour, la réponse aux revendications. Il ne s’agit pas de «collocuter» ou de «dialoguer» car, dans cette hypothèse, le «dialogue social» c’est ce qui reste quand on n’a rien à se dire.

Et s’il n’y a pas de réponse concrète aux revendications, la mobilisation devra monter d’un cran.
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