Nocturnes, dimanches, payes au rabais, peur du licenciement : employés du commerce n’en peuvent plus.

« Tant de pièces ou de clients à l’heure »

 

Chantal Taupin, déléguée syndicale centrale FO de KIABI, spécialiste de l’habillement, vingt ans de maison : « Notre premier souci c’est le temps partiel imposé, qui touche quasiment tout le personnel, à 98%. Avec des horaires contenus entre 22 et 30 heures, sur la base du SMIC, soit entre 700 et 800 euros par mois pour 25 heures. Les patrons ne veulent rien entendre. Les temps partiels leurs conviennent mieux que les 35 heures, car ils leurs donnent plus de souplesse. Ils préfèrent plus de bras à plus d’heures. Le temps partiel pouvait convenir à une certaine époque. Les vendeuses étaient jeunes, le temps partiel leur permettait d’élever leurs enfants.

Mais le monde a changé, les conditions de vie aussi. Le salaire d’appoint est devenu le salaire alimentaire. Beaucoup de femmes élèvent seules leurs enfants. Nos demandes de temps plein restent sans réponse.

Aujourd’hui, la moyenne d’âge a augmenté, elle tourne autour de 41 ans pour les permanents. Depuis quelques temps, la pression a considérablement augmenté car la notion de productivité s’introduit partout, dans toutes les opérations. Les conditions de travail sont plus dures. Tout est cadencé. Le cintrage, le plaquetage, c'est-à-dire la pose des antivols, la mise en rayon, le passage en caisse : on compte comme dans l’industrie.

Tant de pièces ou de clients à l’heure. On nous fait bien comprendre que, si on ne peut pas suivre, la porte est ouverte. Or, passé quarante ans, les gens savent qu’ils ne retrouveront pas de travail. Alors, ils s’accrochent à leur poste. Sans compter qu’avec la crise et la baisse des prix dans l’habillement, on gère de plus en plus de volumes : pour maintenir un bon niveau de chiffre d’affaires, on se rabat sur les quantités vendues. La manutention devient de plus en plus lourde. Résultat, les TMS, troubles musculo-squelettiques, entraînant lombalgies, tendinites, maux de dos, etc. sont en forte augmentation. Ils débouchent sur des arrêts de travail, qui ne sont pas remplacés. Il y a des limites dans le rythme de travail et la pression, pour réduire les frais de personnel. Aujourd‘hui, les limites sont atteintes. Il faut penser autrement le travail. »

 

http://fecfocommerce.unblog.fr/2009/04/15/nocturnes-dimanches-payes-au-rabais-peur-du-licenciement-employes-du-commerce-nen-peuvent-plus/

 

LU DANS FO HEBDO

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