Travail dominical, acte II

http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200917/travail-dominical-acte-ii_204727.html
Par N.M
leJDD.fr

Abandonnée fin 2008 en raison d'une trop grande contestation, y compris à droite, la question du travail dominical va faire son retour dans l'arène politique. Cet été, le Parlement devra examiner une nouvelle proposition de loi. Brice Hortefeux l'a annoncé ce dimanche, affirmant que le gouvernement ne cherche pas à "remettre en cause le repos dominical".

A moins d'une semaine d'un 1er-Mai qui s'annonce offensif dans les rues du pays (lire: Avant un 1er-Mai massif, le climat social se tend), le gouvernement jette un nouveau pavé dans la mare. Invité ce dimanche du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France, Brice Hortefeux a remis sur la table l'épineuse question du travail dominical. Abandonné en décembre dernier en raison de trop nombreuses oppositions, y compris à droite (lire: Le travail dominical attendra), le projet, ardemment soutenu par Nicolas Sarkozy, va pourtant faire son retour devant le Parlement. "En juillet" plus précisément - et sous forme de proposition de loi - a dévoilé le ministre des Affaires sociales. Une période où, traditionnellement, les polémiques sont, vacances obligent, moins virulentes qu'à une autre période de l'année...

Hortefeux: "Nous allons débloquer le dossier"

Toutefois, le "meilleur ami" du chef de l'Etat, qui reprend ici un dossier de son prédécesseur Xavier Bertrand, se défend de tout passage en force. Le texte doit en effet être revu et corrigé par rapport à la proposition de loi, tant décriée, déposée quelques mois plus tôt par le député provençal Richard Maillié. La nouvelle mouture doit notamment être débattue en amont avec les partenaires sociaux, mais également avec les "autorités religieuses, catholiques et protestantes", "pour bien souligner qu'il ne s'agit pas d'une remise en cause du repos dominical", dixit le ministre. "Nous allons débloquer le dossier", a-t-il ajouté, sûr de son fait et soucieux de mieux encadrer l'ouverture dominicale des magasins.

Selon le voeu ministériel, celles-ci devraient être autorisées dans "tous les commerces de détail", dans "les zones touristiques et thermales", ainsi que dans certaines "grandes agglomérations", comme Paris, Marseille et Lille. Pour le reste, a-t-il promis, "je n'ai pas évoqué l'augmentation du nombre de dimanches", actuellement plafonné par la loi à cinq ouvertures par an. Cherchant à apaiser les esprits, l'ancien ministre de l'Immigration a répété que le volontariat des salariés resterait la règle. "Il faut permettre aux salariés qui le souhaitent dans des zones bien définies, de pouvoir effectivement travailler volontairement", a-t-il expliqué, sans garantie, toutefois, de pouvoir convaincre les nombreux opposants au projet.

Opposition de la gauche et du centre

Le ministre mets déjà la pression sur la majorité, qui s'était montrée mordante en décembre, lorsqu'il dit "naturellement compter sur le groupe UMP à l'Assemblée". Quant à l'opposition, elle monte déjà au créneau. Pour l'eurodéputé socialiste Harlem Désir, "remettre sur le tapis" le travail du dimanche "c'est totalement décalé" en pleine crise économique et cela "ne crééra aucune dynamique et aucun emploi". Et d'ajouter, sur Radio J, les salariés de Continental ou de Molex, deux usines promises à la fermeture, "aimeraient tout simplement travailler". L'ancien premier secrétaire du PS, s'est interrogé, lui, sur le timing, se disant "surpris que cela réapparaisse en ce moment". "Il y a la crise et ce n'est pas facile de garder son travail la semaine donc imaginer qu'on va créer de l'emploi en faisant travailler dans tous les secteurs le dimanche, cela me paraît une mauvaise idée", a-t-il ajouté. Au delà de la gauche, le centre, dans son ensemble, s'était montré réservé sur le travail dominical.
FO COMMERCE - commerce@fecfo.fr -  Hébergé par Overblog

Repos dominical - FEC FO