NOUVELLE ATTAQUE CONTRE LE DIMANCHE

JOUR APRÈS JOUR DU MERCREDI 1 JUILLET 2009

Temps de travail
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Une nouvelle proposition de loi doit être présentée le 6 juillet au parlement. À l'approche du débat, FO dénonce le chantage à l'emploi d'enseignes de bricolage, qui ont annoncé des licenciements pour faire pression sur le législateur.

Remaniée ou pas, la nouvelle proposition de loi sur l’extension du travail dominical ne passe pas. C’est sans doute pourquoi, à une semaine du débat parlementaire – le texte du député de la majorité Richard Maillié doit être examiné le 6 juillet prochain – le chef de l’État a fait mardi une énième sortie sur le sujet en brandissant sa marotte sur la nécessité d’ouvrir le dimanche tous les magasins des Champs-Élysées. Il a utilisé cette fois la récente visite la famille du président américain Barack Obama. «Est-ce qu'il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir?», a lancé le président de la République, lors d'une table-ronde sur l’avenir du quartier de La Défense (Hauts-de-Seine). «Faut-il absolument que les magasins soient ouverts aux heures et aux jours où les gens ne peuvent pas faire leurs courses?», s'est-il encore interrogé. D’ailleurs, pour lui, le quartier de la Défense et «tout Paris» devraient être considérés comme une zone touristique, la proposition Maillé devant étendre les dérogations aux communes dites touristiques ou thermales sur la base du «volontariat» des salariés (voir notre article du mercredi 24 juin 2009).

M. Sarkozy espère ainsi convaincre un certains nombre élus de sa propre majorité qui se sont de nouveau émus mardi de cette sixième version, dont ils craignent qu’elle n'ouvre la boîte de Pandore ayant conduit au retrait précipité de la précédente mouture en décembre dernier. «Je suis pessimiste», a expliqué l’un d’eux, avant de pointer le risque d’une généralisation du travail dominical, notamment sous l’influence des entreprises. Outre la pression de l’exécutif, les parlementaires subissent en ce moment celle des employeurs intéressés par un tel changement de loi. La fédération FO des employés et cadres (FEC-FO), qui mène une vaste campagne contre les ouvertures dominicales sans autorisation, a ainsi dénoncé lundi le «chantage» à l'emploi des enseignes de bricolage Castorama et Leroy Merlin dans le Val-d'Oise. Contraintes par la justice de fermer leurs magasins le dimanche sous peine d’astreintes financières impoetantes, les deux entreprises envisagent de supprimer des dizaines d’emplois, essentiellement ceux occupés par des étudiants travaillant le week-end. Ces annonces n'ont «qu'un seul but», estime FO: «faire pression sur le législateur», à l'approche de l'examen à l'Assemblée nationale. Interrogée par l'AFP, une porte-parole de Castorama a reconnu sans ambages que «si la loi passe, les licenciements seront abandonnés».

Par ailleurs, la direction de Leroy Merlin de Montigny-Les-Cormeilles (Val-d'Oise) devait comparaître hier devant le tribunal pour «emploi illégal» de salariés le dimanche. Cette action en justice, c’est une première, est portée par l'inspection du travail afin de faire respecter le résultat d’une procédure engagée par FO. «Cela montre aussi, qu’en cas de changement de réglementation, le prétendu "volontariat" des salariés sera bien compliqué à faire respecter alors qu’une enseigne de cette taille malgré sa condamnation refuse de respecter aujourd’hui le droit du travail», a commenté le leader de la FEC-FO, Serge Legagnoa. Pour lui, «tout cela est le résultat du combat syndical déterminant contre le travail du dimanche». Et de se féliciter : «ça tangue et c’est tant mieux!».


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