LA PAROLE EST AUX MILITANTS

La Loi Mallié sur le travail du dimanche vient régulariser l'infraction de nombreux patrons du jecn15.jpgcommerce qui ont enfreint la loi sur le repos dominical depuis des années. Le repos dominical est considéré, à juste titre, comme une institution française car il est un régulateur sans faille des valeurs traditionnelles et républicaines concernant la famille, la culture, les associations, le sport, et j'en oublie tellement d'autres…

 

Ce texte va non apporter des inégalités pour les salariés concernés mais va à l'encontre du Grenelle de l'environnement. Il est une véritable boîte à Pandore pour banaliser à terme le travail du dimanche.

Tous les salariés concernés qui n'auront d'autres choix que de travailler le dimanche parce que le choix ne s'imposera pas, sauront se souvenir le moment venu de cette position antisociale : dans leurs luttes, dans leurs votes, les occasions ne manqueront pas !

Didier

 

Je suis un employé du commerce, précisément je travaille aux établissements boulanger dans le Nord de la France. Ma surprise fut totale quand j'appris que le centre commercial où je travaille risquait de faire partie d'un PUCE.

Mes collègues de travail et moi nous nous posons de multiples questions et attendons des réponses de notre cher Président.

J'ai 40 ans et pas de Rolex. Qu'ai-je fait de ma vie !! Je vis séparé de ma femme avec, à ma charge, 3 merveilleux enfants que j'élève seul envers et contre tout.

Le mercredi, je travaille. Le samedi, je travaille. Et maintenant, je vais devoir travailler le dimanche !!

Au secours, M. Le Président. Je n'ai pas les moyens de me payer une nourrice. Dois-je les abandonner à la DASS ou assumer le fait que mes enfants ne vont plus me reconnaître au bout de quelques mois ?

J'attends une réponse rapide de la part du Président à moins que Carla puisse garder mes enfants !!!

Rudy

 

C'est honteux. C'est le seul jour où toute la famille se retrouve car la semaine les parents travaillent et les enfants ont cours. Des gens se sont battus pour avoir ce jour de repos et le capitalisme est en train de nous bouffer. En plus le volontariat (mon œil) pour les nouveaux contrats de travail ; ou le postulant travaille le dimanche ou il ne sera pas pris. Et aussi à voir la rémunération (gros problème) certains seront payés double plus un jour de récupération, d'autres payés double mais pas de récupération et d autres n’auront rien, ils auront leur jour de repos dans la semaine, point.

Merci Sarko.

Philippe

 

Ce que je peux dire, c'est que d'un point de vu commercial le même chiffre s’étalera sur 7 jours et plus sur 6. C'est comme avec les soldes flottantes, on arrive même plus à vendre les fringues au prix fort parce que les gens attendent les promos à répétition !!! Trop de soldes tuent les soldes !!! Pour le dimanche, on sera obligé de travailler car le volontariat, quand on est une équipe de 5, ce n'est pas gérable. Plus de dimanche, en famille donc toujours du stress !!! En ce qui me concerne je suis contre. C'est aller contre les Droits de l'Homme, c'est-à-dire la LIBERTE !!!

Maggy

 

C'est, à mon sens, le plus grand recul social de tous les temps et, d'un point de vu historique, une aberration anachronique !

Marc

 

Si l’ouverture des dimanches était avec des tarifs de vente 10% plus cher que les jours ouvrables comme dans les pharmacies, on constaterait vite que la majorité des clients ont le temps de venir acheter la semaine.

Pour combattre la maladie, on ne peut pas attendre le lendemain. Pour des achats de bien être, on peut attendre.

Aujourd’hui, les commerces sont concernés et demain ce sera le tour des transports, des crèches, des banques etc. etc. etc.

Plus payés ? Ne soyons pas naïfs, nos dirigeants feront valoir que le dimanche est un jour comme les autres, au même tarif que les autres. Il suffit de voir les jours fériés : au début il y avait une prime, aujourd’hui à Darty c’est un jour comme les autres au même tarif que les autres et pas sur la base du volontariat mais avec l’obligation d’être présent.

 Guy

 

Lorsqu'il en a été question, ma première réaction a été : mais jusqu'où vont-ils aller ? Lorsque j'ai su que la loi était passée, je me suis demandée pourquoi nous n'avions pas plus réagi (comme pour le CNE).

Autour de moi, les gens sont révoltés mais… résignés aussi. Qu'est-ce que l'on peut faire de toute manière, ils font ce qu'ils veulent ! Voilà ce que j'entends le plus. Je les comprends mais nos grands-parents se sont battus pour avoir des droits et aujourd'hui on nous les supprime. Ras-le-bol, que sous prétexte de la crise, nous devrions être corvéables à souhait pour sauver, soi-disant nos emplois. Je ne suis pas du genre à être opposée systématiquement au patronat mais là trop c'est trop. Nous sommes en train de maintenir les profits de nos chers patrons au détriment de notre vie familiale. Comment expliquer à nos enfants que nous ne pourrons pas être là au match de foot parce que maman travaille, comment expliquer aux grands-parents que le repas de famille dimanche midi ne peut pas se faire parce que papa travaille, comment expliquer aux enfants que notre jour de repos est le jour où eux sont en classe… Et après ce sera au tour des sociétés de services d'ouvrir le dimanche car il faudra bien faire garder les enfants, livrer (plus le temps en semaine), faire comme les autres au nom de l'égalité (quand ça les arrange).

De plus, avec la complexité des différents accords, il devient difficile de s'y retrouver pour les salariés.

Les salariés du privé ont besoin de se sentir soutenus.

Véronique

 

Concernant la nouvelle loi sur le travail dominical, je te donne ma position en dépit du fait que je travaille dans une branche “l'ameublement” qui en est exclue, puisque depuis janvier 2008, elle fait partie des dérogations permanentes comprises dans le nouveau code du travail. Malgré cela, et l'argument principal des enseignes de l'ameublement que cela permettrait de créer des emplois, un an après, nous voyons le résultat : 800 suppressions de postes à CONFORAMA et les magasins les plus impactés par ces suppressions sont les établissements d’Ile-de-France (étonnamment les seuls à être ouverts le dimanche, avec Plan de Campagne !!! Cherchez l'erreur !!!)

Il existait des dérogations qui autorisaient le travail du dimanche. La nouvelle loi les étend largement. La loi vise de fait à la disparition du droit au repos hebdomadaire dominical. Par l’intermédiaire de cette loi, le dimanche devient un jour comme les autres.

Les députes UMP ont remodelé la société pour répondre uniquement à leurs intérêts. Ils nous racontent chaque jour que les salariés se plaisent à être employés le dimanche sur la base du volontariat, que cela leur permet de gagner plus. Mais en réalité, pour de nombreux travailleurs, il ne s’agit pas de travailler plus pour gagner plus, mais tout simplement de travailler pour avoir un salaire décent, afin de pouvoir vivre dignement. La question n’est donc pas de déréglementer un peu plus le travail, mais d’augmenter les salaires. De plus, en étendant le travail du dimanche, la majoration du salaire risque de disparaître et le dimanche deviendra ainsi un jour comme les autres. Bien au contraire, le repos dominical est et doit rester un repère collectif dans la société. Il permet de structurer, socialement et économiquement. S’il est nécessaire de permettre aux populations d’avoir des loisirs, de se cultiver ou de voyager le dimanche, cela ne doit pas servir de prétexte à étendre le travail du dimanche à l’ensemble des secteurs.

C’est bien en donnant des règles collectives que nous pourrons renforcer les liens sociaux au sein de cette société qui a bien besoin de retrouver des valeurs de solidarité. C’est en renforçant les garanties collectives pour les salariés, que nous pourrons dans le même temps assurer leur liberté individuelle et collective, à commencer par celle d’avoir un travail et de pouvoir en vivre décemment. Le travail dominical reste incontournable pour les secteurs de l’information, de la santé, de la restauration, des transports, des activités sportives et culturelles, dans certaines industries, pour des raisons techniques ou encore dans certains commerces. La loi en détermine déjà un certain nombre. Au-delà, aucune raison, qu'elle soit économique ou sociale, ne justifie un élargissement des dérogations déjà̀ nombreuses sur le travail du dimanche.

Au-delà de cette loi, ce que je redoute le plus c'est l'effet domino, comme pour l'amendement DEBRE dont la portée a été toute aussi mal maîtrisée que ses fondements juridiques. Cet amendement a dépassé les espérances du secteur de l'ameublement, qui ne revendiquait cette dérogation que pour la seule Région Parisienne. Il a obtenu une dérogation de portée nationale. Cette nouvelle dérogation leur a été accordée, sans même la moindre contrepartie pour les salariés concernés et sans aucune consultation des organisations syndicales.

Je ne dénigre pas les partisans du travail dominical, même si je ne partage pas leurs convictions, et continuerai de défendre les miennes. Avant tout, je souhaite que soit respecté l’état de droit et les règles démocratiques qui obligent à affronter ce choix de société, non par la bande, mais de manière frontale.

Je rappelle aussi que la dérogation qui concerne l’ameublement s’applique sur la France entière et que chacun est donc aujourd'hui concerné, en ce, et y compris, les parlementaires qui se sont vus assurer que cette lèpre ne passera pas les limites du département sur lequel ils sont élus. Il suffit aujourd'hui qu'une seule enseigne d’ameublement ouvre le dimanche pour contraindre les enseignes qui sont dans la même zone de chalandise, dans tous ces autres secteurs à devoir suivre ou à subir la distorsion de concurrence.

Les enseignes d’ameublement sont déjà en phase d’expérimentation sur l’extension de l’ouverture dominicale en province, tel qu’IKEA à Dijon, et ce mouvement ne fera que s’amplifier là où des tentatives ont été faites par le passé.

Il ne fait nul doute que la clientèle va se précipiter vers ces nouveaux lieux de consommation, aidée en cela à grand renfort de promotion et de marketing, en changeant ses habitudes de consommation. Au regard de ce résultat désastreux, j’invite chacun à la relecture de la Loi Mallié. Elle vise à accorder des dérogations dans l’ensemble de la Région Parisienne, des grandes métropoles d’aujourd’hui et de demain ainsi que dans les zones touristiques à l’ensemble du secteur marchand. Ces nouvelles dérogations, loin de supprimer les anciennes, viennent s’ajouter à celles existantes et maintiendront « les régimes spéciaux ». Cela obligera, là encore, et en suivant la même logique qui la conduit actuellement, l’autorité administrative à concéder une dérogation aux commerces exclus de ces zones qui risquent de souffrir d’une distorsion de concurrence.

Que feront les commerces des zones limitrophes, conscients de la déperdition de clients, ils demanderont une autorisation temporaire qui ne pourra pas leur être refusée et qui leur sera accordée de manière permanente. Ils y seront contraints. Ils ne le feront pas pour conquérir de nouvelles parts de marché, mais pour ne pas perdre leur clientèle. Leurs propres clients risquent autrement de faire 50 kilomètres pour se rendre dans l’enseigne du département d’à côté qui sera autorisée à ouvrir et acheter ce qu’ils auraient pu acheter tout aussi bien chez le commerçant d’à côté.

De proche en proche, toute la France sera couverte, à l’exception des zones les plus rurales pour lesquelles l’enjeu ne vaudra pas les coûts et qui seront une fois de plus confrontées à l’inégalité qu’elles subissent déjà, chacun se plaignant ainsi des déséquilibres des territoires.

Si nous prenons une carte de France et regardons quelles sont les zones qui seront impactées, demandons-nous qui y travaille, combien de petits commerçants et leurs salariés pourront suivre ce rythme, combien de ces commerces survivront. Pour en avoir une idée, il suffit d'aller dans une zone commerciale du Val d'Oise et de compter les enseignes que nous ne connaissons pas au niveau national pour comprendre ce qui s'organise aujourd'hui.

On verra si les consommateurs, aujourd’hui si friands d’une consommation facilitée, comprendront ce qui se joue, avant de s’apercevoir qu’ils sont, eux ou leurs proches, les salariés qui seront demain confrontés à la réalité du travail dominical.

 Didier

 

En une seule phrase qui résume tout : “c'est la fin de toute vie de famille ». Mon épouse et moi-même travaillons dans le commerce du lundi au samedi avant cette loi, maintenant nous allons travailler du lundi au dimanche. Le repos dominical était notre seul jour en famille, ce droit de vivre ensemble nous a été retiré. Je ne parlerai pas de mes grands-parents qui se plaignent de ne pas pouvoir voir leurs arrières petits enfants car les parents travaillent tout le temps.

Olivier

LE JEC n° 15 (l'intégral)

http://www.fecfo.fr/IMG/pdf/JEC_15.pdf

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