La fin du repos dominical … une arnaque sociale pour quelle perspective de profits ?

Extrait du JOURNAL DES EMPLOYES ET CADRES

BULLETIN PERIODIQUE D'INFORMATIONS DE LA FEDERATION DES EMPLOYES ET CADRES

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55ème année  N° 7168  Bi-Hebdomadaire   Le 26 Août 2006  Edition du Commerce  N°12/S/CO/06 ISSN : 1248-167X

 

La fin du repos dominical …

une arnaque sociale pour quelle perspective de profits ?

 

Comme nous avions pressenti que le MEDEF allait faire pression sur certains élus pour réviser la loi sur le repos dominical, nous avons initié avec l'aide du FNCIPHT (fond de paritarisme de l'habillement détaillant) une étude réalisée par BVA. Nous en avons tiré des arguments en faveur du maintien du repos dominical.

 

Argument premier et primordial, les salariés français sont aujourd'hui 88 % à juger sans appel le dimanche comme important et 61 % TRES important quant à la vie familiale, culturelle ou comme journée de repos commune. Evidemment ce véritable respect du repos dominical partagé à la quasi unanimité engendre le résultat suivant : ils sont encore 75 %, entendons nous bien les ¾ à ne PAS vouloir travailler régulièrement le dimanche. Le patronat ne pourra plus nous asséner de contre vérité. Ce qui est dit est dit, et à leur grand dam les français sont encore près de 75 % à admettre qu'une ouverture 7/7 jours ne changerait pas leur rythme de consommation (fréquence des achats ou sommes investies). Quant au petit tiers estimant qu'ils iraient davantage dans ces magasins, près de la moitié n'envisage pas d'y dépenser plus qu'à l'ordinaire, l'ouverture 7/7 ne renforçant en rien leur pouvoir d'achat. Posons les vraies questions sur les vrais problèmes de consommation : à quand une hausse des salaires ?

 

Toutes classes d'âge confondues, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, privé – public, hommes femmes (et même les bêtes étranges que sont les parisiens) sont pour le repos dominical à hauteur de 87,5 %. Pour une fois la France est unanimement d'accord ! A ceux qui chipoteraient sur les résultats, par exemple pour la catégorie des 18-24 ans, si on note un fléchissement de leur position au vu des autres catégories, et même s'ils sont une cible de choix pour les publicitaires, ils demeurent 70 % à juger cette journée comme importante. Rappelons aussi que les classes à fort pouvoir d'achat -90 % des cadres- tiennent à leur dimanche.

Sur le plan régional, les parisiens sont plus de 80 % à vouloir préserver le repos dominical et si l'Ouest, le Nord et l'Est y sont moins favorables ne peut-on y voir un espoir – à tort – d'une hausse de l'emploi dans ces régions fortement touchées par le chômage ? Ruraux et urbains sont en accord, à 85 %.

 

C'est peut-être la lecture de ce sondage qui a fait dire à Monsieur le sénateur KAROUTCHI au cours d'une interview sur France Info que de toute façon il y avait peu de chances que ce projet voit le jour dans une période préélectorale…

Procès VUITTON

 

 

Nous avons intenté un procès pour contester le bien fondé de la décision d'ouverture du préfet pour le magasin Vuitton des Champs Elysées. Le préfet a, dans un premier temps, retiré son autorisation en décembre, pour en donner une nouvelle… : Nouvelle procédure en référé et au fond, car nous tenions à ce que ce magasin ne soit pas reconnu comme un espace culturel mais comme un commerce de bagages (qu’il est réellement). Le tribunal administratif de Paris nous a donné raison en annulant la deuxième décision du préfet.

 

La société Vuitton et le préfet ont fait appel du jugement par deux procédures distinctes :

- une en référé, pour suspension de l'exécution provisoire de fermeture du magasin,

- une en appel classique au fond, contre la décision.

 

Le cabinet de Larcher, ministre du travail, a envoyé une lettre au tribunal pour attirer son attention sur la notoriété de Vuitton et sur le fait que ces ouvertures dominicales créeraient 70 emplois. Le tribunal a fait plaisir au ministre et a suspendu la fermeture dominicale. Tous les emplois ne sont pas égaux aux yeux de M. Larcher, puisque la fermeture de la Samaritaine, qui appartient elle aussi au groupe LVMH, a généré la perte de plus de 1400 emplois, sans que certains s'en émeuvent plus que cela.

 

A suivre….

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