Petits commerçants et syndicats unis contre l'ouverture du dimanche

20Minutes.fr avec AFP | 07.07.06 | 15h08

 


Syndicats et petits patrons du commerce de l'habillement ont fait front commun jeudi contre l'ouverture des magasins le dimanche ce qui mettrait selon eux l'emploi en danger dans les PME, sur fond de polémique après les affaires Louis Vuitton et Usines Center.

 

L'ensemble des syndicats du secteur, la Fédération nationale de l'habillement (FNH, 55.000 magasins) et plusieurs chambres patronales de petits commerces, représentant au total 2 millions de salariés, ont dénoncé les "attaques contre le repos dominical" et défendu un "principe d'ordre public reconnu par la loi française depuis 1906", lors d'une conférence de presse.

 

Une "banalisation" du travail dominical n'entraînerait pas de chiffre d'affaires supplémentaire et risquerait de détruire des milliers d'emplois dans les PME, affirment-ils.

 

Selon un sondage BVA, réalisé fin juin auprès de 482 salariés, "88% des Français veulent préserver le dimanche comme jour de repos commun, 75% ne veulent pas travailler le dimanche, et 82% ne dépenseront pas davantage si les commerces sont ouverts 7 jours sur 7", ont-ils indiqué.

 

Le débat sur l'ouverture dominicale a ressurgi en juin, avec les décisions de justice interdisant aux 64 commerces de la galerie commerciale Usines Center de Villacoublay (Yvelines) et au magasin Louis Vuitton sur les Champs-Elysées d'ouvrir ce jour-là.

 

Le ministre des Finances Thierry Breton a estimé jeudi qu'il ne devait "pas y avoir de tabou" à ce sujet, prônant "une large concertation avec tous les acteurs concernés". "Il y a beaucoup d'acteurs qui sont concernés, bien sûr les commerçants, mais aussi les salariés, et tous les acteurs du droit du travail", a-t-il commenté.

 

Pierre Lellouche, député UMP de Paris, vient lui de déposer une proposition de loi destinée à autoriser l'ouverture dominicale des magasins, sur la base du volontariat.

 

La loi en vigueur permet à tous les commerces de détail d'ouvrir cinq dimanches par an, mais ils peuvent obtenir des dérogations dans les zones touristiques.

 

"Les petits commerçants n'ont pas besoin de M. Lellouche pour faire plus de chiffre d'affaires: s'ils gagnaient plus d'argent en ouvrant sept jours sur sept, il y a longtemps qu'ils l'auraient fait", a lancé Charles Melcer, président de la FNH.

 

"Le chiffre d'affaires n'est pas généré par le travail du dimanche, il est simplement déplacé", a expliqué Françoise Nicoletta pour FO, citant une étude de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris de 2002.

 

Or "sans chiffre d'affaires supplémentaire, la masse salariale n'augmente pas", poursuit-elle. A titre d'exemple, le magasin Virgin des Champs-Elysées, ouvert tous les dimanche, est passé de "407 emplois en 1991 à 237 en 2005", affirme FO.

 

"Ouvrir tous les dimanche est humainement impossible pour plus de la moitié des commerces de détail de proximité", qui emploient en moyenne quatre salariés, ajoutent les employeurs.

 

La concurrence des grands magasins, qui ont, eux, les moyens d'assurer un "turnover" de la main d'oeuvre, entraînerait une "fragilisation" des PME et, à terme, des pertes d'emplois, expliquent-ils.

 

Le ministre du Commerce Renaud Dutreil a lui-même récement estimé qu'une généralisation des ouvertures sept jours sur sept détruirait des "centaines de milliers" d'emplois.

 

L'argument du volontariat avancé par les partisans du travail dominical est par ailleurs "fallacieux", selon Karl Ghazi (CGT) puisque "les salariés n'ont en fait souvent pas le choix: ils acceptent ou ils prennent la porte".

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