Aux rencontre de Rennes, Xavier Bertrand se prend une veste par Jean-Claude Mailly.

09-04-2010

 

Forum Libé Rencontres de Rennes, 26/03/10

 

Six mois après l’adoption de la loi sur le travail dominical, Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP et Jean-Claude Mailly, délégué général de Force Ouvrière, étaient attendus pour un débat qui a pris des allures de premier bilan.


« Ce débat sur le travail le dimanche est nécessaire », annonce en guise de préambule Xavier Bertrand. Pour lui, ce texte a permis «  de légaliser une situation qui existe de facto dans de nombreuses entreprises ». Jean-Claude Mailly dénonce, lui, « un vieux débat, dans la grande tradition de la dérégulation du code du travail.  Ce que fait le gouvernement, c’est légaliser l’illégalité. Certaines entreprises ne respectaient pas la loi quant au travail dominical. Plutôt que de les punir, la loi vient leur donner raison. Pourquoi ? ».

« Ce texte n’oblige personne mais permet de faciliter la situation de certains salariés ». Le délégué général de Force Ouvrière conteste cette thèse du volontariat : « Le but de la loi n’est pas de réglementer sur mesure, mais de considérer la condition des salariés dans sa globalité. C’est une banalisation du travail dominical qui est amenée par ce texte. Certains salariés, au moment de l’embauche, n’auront d’autre choix que d’accepter ces nouvelles conditions de travail ». A terme, les salariés seront « payés comme n’importe quel jour si cette situation s’enracine », et « on oubliera qu’avant on ne travaillait pas le dimanche ». Les applaudissements font sourire Xavier Bertrand : « Je sais bien que je ne suis pas en terrain conquis ici. Mais j’aime le débat ».

 

Le pouvoir d’achat en question

« Ouvrir plus pour gagner plus ? Non ! » proteste Jean-Claude Mailly, amenant l’idée que « si ces entreprises font des bénéfices le dimanche, c’est parce qu’elles prennent du chiffre d’affaires à leurs concurrents fermés. C’est du cannibalisme ». Xavier Bertrand contredit : « Ce n’est pas le problème. Le travail dominical permet aux travailleurs d’augmenter leur pouvoir d’achat ». Jean-Claude Mailly ironise : « A quoi bon ouvrir les magasins le dimanche ? Le jour où tout le monde travaillera le dimanche, il faudra fermer les magasins, car il n’y aura plus personne pour s’y rendre ». Le public est conquis.

 

« Qu’en est-il de la question du maintien de la cellule familiale et son bonheur ? » demande un auditeur soucieux de recentrer le débat. «Le but du gouvernement n’est pas de créer le bonheur, mais de créer les conditions de sa réalisation » répond Xavier Bertrand, sans convaincre. Les deux conférenciers en prennent pour leur grade : « Vous pensez tous deux de la même façon, soutient une auditrice. Je vous le dis moi : la raison de vivre des salariés n’est pas le pouvoir d’achat.. La consommation est une pathologie du lien social, a dit ce matin Pierre Rosanvallon. » Salve d’applaudissements dans la salle. Et si le bonheur devait s’émanciper d’une vision trop étroite de l’économie et du travail pour se réaliser pleinement ?

 

Josselin Brémaud (étudiant, Master journalisme Sciences po Rennes)

 

Lu sur : http://www.travail-dimanche.com

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