En Isère aussi, travailler le dimanche fait débat

  • REPOS DOMINICAL oui, TRAVAIL DU DIMANCHE non
  • Revue de presse

En Isère, les dérogations d’ouverture dominicale accordées par le préfet se comptent sur les doigts d’une seule main… « Trois fois par an maximum », avance Jacques Vandenesch, directeur adjoint du Travail. Des autorisations qu’il ne faut pas confondre toutefois avec celles (cinq dimanches par an) données par les maires, souvent ensemble d’ailleurs. Les élus de l’agglomération grenobloise se réunissent ainsi une fois par an pour harmoniser ces dates d’ouvertures qui ont lieu en majorité au moment des fêtes. Les syndicats sont également conviés à cette réunion organisée. « Même si nous n’avons pas de pouvoir de décision, cela nous permet d’être vigilants au moins sur les heures de fermeture des magasins », souligne Marc Deroudille, secrétaire adjoint de FO Isère.

Selon Jacques Vandenesch, le département ne semble pas, pourtant, particulièrement “investi” dans le travail dominical qui s’est récemment invité dans la campagne présidentielle lorsque Nicolas Sarkozy a dit vouloir « poursuivre les assouplissements déjà réalisés ». « Les entreprises n’ont pas forcément envie de se lancer là-dedans ; elles ont compris que cela ne correspondait pas automatiquement à un gain en terme de chiffre d’affaires. Car cela nécessite d’avoir plus de personnel, ce qui est synonyme de charges supplémentaires. Au final, le gâteau n’est pas plus gros… ». Et quand « un franc-tireur » essaie de jouer solo, il a vite fait de se faire remballer… Jacques Vandenesch se souvient par exemple très bien qu’Ikea a tenté de négocier une ouverture le dimanche lors de son installation dans l’agglomération grenobloise en octobre 2007. « La levée de boucliers des patrons d’entreprises du meuble a été telle qu’Ikea a renoncé. Eux évidemment, n’auraient pas pu suivre… ».

Salariés et petits commerçants en première ligne

Faisant partie d’une des catégories d’établissement (ameublement de détail) pouvant bénéficier d’ouvertures le dimanche en vertu d’une dérogation inscrite dans le Code du travail, pour obtenir son autorisation, le géant du meuble suédois n’aurait donc même pas eu besoin de démontrer, comme le prévoient les textes, qu’une « fermeture le dimanche aurait compromis le fonctionnement normal de son établissement ou porté préjudice au public ». Pourtant, dans le secteur du meuble comme dans celui de l’habillement par exemple, les consommateurs peuvent très bien effectuer leurs courses un autre jour de la semaine que le dimanche…

En première ligne, les salariés sont donc prêts à se battre. Quand les petits commerçants, eux, n’ont d’autre choix que de subir une concurrence qu’ils estiment « déloyale »… Preuve qu’il est d’actualité, le sujet sera d’ailleurs à l’ordre du jour de la commission “Commerce” de la CCI de Grenoble ce jeudi.

 

http://www.ledauphine.com/isere-sud/2012/03/03/en-isere-aussi-travailler

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