« INTERVENTION AU MEETING A L’APPEL DE L’UNION REGIONALE D’ILE DE FRANCE » extrait JEC n°70

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A L’APPEL DE L’UNION RÉGIONALE D’ILE DE FRANCE

 

« Il y a 145 ans de cela, les employés des grands magasins parisiens appelaient à la grève.

3 revendications :

  • le droit de se loger en dehors du magasin (certains devaient dormir sur place) ;
  • l’accès aux Conseils des Prud’hommes, puisque les employés du commerce devaient passer devant le Tribunal du Commerce, précisément devant les patrons du Commerce ;
  • et la 3ème revendication : le droit au repos le dimanche.

 

Vous remarquerez que les trois revendications restent d’actualité, puisqu’aujourd’hui, le MEDEF et les gouvernements successifs ont pour objectif de :

-          remettre en cause la représentation salariale sous toutes ses formes, mais aussi les Prud’hommes ;

-          nous faire travailler :

  • la nuit (limite nous faire coucher dans les magasins),
  • nous supprimer le repos commun le dimanche.

 

Je vous rappelle que ces revendications ont été portées, il y a 145 ans. La loi sur le repos dominical a été obtenue en 1906, il y a bientôt 110 ans.

 

Alors qui est rétrograde ? Ceux qui veulent garder leurs droits obtenus après 60 ans de combat ou ceux qui veulent nous renvoyer au 19ème siècle ?

 

Aujourd’hui, nous avons le regret d’avoir raison.

 

Sur le dossier du travail du dimanche, les militants du Commerce, à différents niveaux, avaient alerté et alertent les politiques, ainsi que les salariés, sur le danger que représente la concurrence déloyale provoquée par les dérogations au repos dominical.

 

Ce dumping social, c’est la concurrence libre et non faussée que l’on nous sert encore et encore.

La liste des victimes est, au bout du bout, composée de travailleurs. Les fermetures de commerces de centre-ville, mais aussi d’enseignes importantes comme MOBILIER EUROPEEN, 4ème de l’ameublement (FLY, CROZATIER, ATLAS), les rachats, les fusions sont dues à la concurrence exacerbée par le dumping social, dont la remise en cause du repos dominical.

 

Pour l’anecdote, j’ai passé une semaine en Haute-Saône,où l’un des grands employeurs, l’entreprise Parisot, ne se porte pas bien. Evidemment, les leaders du marché du meuble s’approvisionnent en Europe de l’Est et en Asie. C’est catastrophique pour ce département et ceux limitrophes où l’activité du bois est importante. Comme me l’a dit un autochtone : « Ici, vous êtes en Haute-Saône. C’est mort« .

 

La crise a bon dos, quand on sait que le patronat du Commerce, dont les plus riches sont milliardaires, ont vu une progression à deux chiffres de leur fortune. Mulliez, Arnault, Pinault et même Bourrelier –non, lui il est millionnaire- se portent bien. Ce dernier a avoué que le travail du dimanche « ça ne paie pas« . Il s’en mordra les doigts. Et malheureusement, il entraînera les salariés avec lui.

 

En ce qui concerne les travailleurs du Commerce, ils sont, pour la majorité, des SMICARDS ou touchent 1,6 fois le SMIC pour que leurs patrons puissent bénéficier d’exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires, en plus du CICE et du pacte de responsabilité ; SMICARD et, en plus, à temps partiel pour partie et en particulier, les femmes !

 

Dans certaines branches, nous avons des propositions de dérogation au seuil de 24 heures minimum pour les temps partiels. Tenez-vous bien. Le minimum proposé est 7 heures. Je ne vous dis pas qui est en première ligne pour signer ce type d’accord qui remet en cause leur grande conquête des 24 heures obtenues contre la signature de la fléxisécurité…

 

Les salariés à temps partiel, au SMIC, sont en dessous du seuil de pauvreté. Ces salariés bénéficient du RSA. C’est nous, mes camarades, qui payons la rémunération de ces salariés, par l’impôt.

 

Quand le MEDEF parle de bénévolat, on y est presque. En Essonne, l’un des départements français où il y a le plus de commerces au mètre carré, il serait catastrophique de voir continuer la disparition des magasins de centre-ville. Il n’est pas rare de voir des petits centres commerciaux se limiter aux pizzerias et autres kebab… Plus de superette, plus de boucher, plus de magasin d’habillement ou de chausseur, plus de librairie, plus de banque ; juste une ville « dortoir » qui voit des emplois disparaître.

Le tout au bénéfice des grands centres commerciaux et des zones commerciales en périphérie des villes. L’emploi du Commerce s’éloigne de plus en plus des lieux d’habitation.

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