"LA SAGA DES DIMANCHES : LE RETOUR !" - extrait du JEC n°48

Décidément, ce dossier n’est pas avare de rebondissements ! Aujourd’hui, c’est le PDG de BRICORAMA qui crée l’événement.

Petit historique :

  • Constatant que la société BRICORAMA ouvre illégalement trois de ses magasins en Région Parisienne, la FEC FO demande à son conseil de saisir la justice dans le but de ne pas voir proliférer le travail dominical dans la capitale. Le conseil municipal de Paris ayant décidé de ne pas céder aux objurgations du Gouvernement, du préfet et de Monsieur Frédéric Lefèvre en ne faisant pas de Paris une capitale vouée au consumérisme.
  • En décembre 2011, le premier procès de notre organisation syndicale contre BRICORAMA s’ouvre. Mais suite à diverses investigations, menées avec la section syndicale, ce sont 31 magasins qui sont concernés par des ouvertures illégales le dimanche.
  • En janvier 2012, le verdict tombe : 30 000 € d’astreintes pour chaque magasin ouvert sans dérogation au repos dominical, chaque dimanche. Ce sont donc 930 000 € d’astreintes auxquelles la société est condamnée si elle continue à enfreindre la loi pour l'ensemble des magasins en infraction.
  • La société fait appel en janvier et demande à son conseil d’organiser une réunion informelle entre FO et elle-même. Rien ne sort de cette réunion, BRICORAMA voulant continuer à ouvrir ses magasins le dimanche.
  • Au mois de mars, la société demande au gouvernement Sarkozy de prendre un décret autorisant les magasins de BRICOLAGE à déroger de droit au repos dominical. En branche, les fédérations CGT et CFDT tentent de passer une déclaration commune pour le travail dominical. FO, suivie par les militants de ces 2 organisations, s’y oppose. La déclaration commune est oubliée, reste le décret. FO est reçue par le Ministère du Travail et conteste ce projet en argumentant que les députés avaient refusé en janvier 2007 d’inclure le bricolage dans l’amendement Debré, que les effets pervers de la loi Mallié étaient maintenant démontrés et qu’il suffisait d’abroger la loi comme le stipulait nos résolutions confédérales et fédérales. Surprise, le ministère n’avait pas l’air de savoir qu’il existe des résolutions. Pas bien pour le Ministère du Travail ! Les employeurs des petites entreprises du bâtiment, de la quincaillerie, des drogueries/bazars, des commerces de gros, accompagnés par la Confédération des Commerçants de France, que nous avions contactés, ont eux aussi exprimé leur opposition. Adieu le décret.

Et BRICORAMA continuait à ouvrir ses magasins et le montant des astreintes à grossir.

 

Pendant ces événements, la société monte une cabale, aidée par la CGT, la CGC et la CFDT contre nos représentants, qui courageusement résistent aux intimidations en tout genre. Nous avons fait une lettre ouverte à BRICORAMA pour lui demander une négociation avec des revendications précises :

  • le maintien des emplois,
  • le maintien de la rémunération des salariés,
  • un engagement d'augmentation des salaires pour tous les salariés,
  • l'ouverture immédiate d'une négociation salariale.
  • le respect des dispositions du code du travail et la fermeture immédiate de tous les magasins BRICORAMA ouverts illégalement.

A la suite de celle-ci, nous avons eu une réunion de négociation toute aussi infructueuse que la première réunion. La société a refusé de respecter le repos dominical et pourtant, au 31 mai, le montant des astreintes était de 19 530 000 €.

 

L’employeur s’apercevant qu’il mettait sa société en péril et voyant arriver la date du JEX (juge d'exécution civile) et de la Cour d’Appel (septembre), a donné des interviews en rejetant sa faute sur notre Organisation syndicale, demandant toute à la fois : l’abrogation de la loi Mallié et un décret spécifique au bricolage allant jusqu’à offrir aux députés concernés (sic) une boîte à outils !

Il commet un communiqué de presse dans lequel il dénonce notre organisation syndicale qui va détruire 5 000 emplois, pourtant il emploie environ 2 500 salariés (?), il conteste l’attribution des dérogations "arbitrairement et étrangement distribuées et ne profitant qu’aux grands groupes internationaux". Etrange pour un Belge installé notamment en France. Il souligne qu’aucune des enseignes attaquées n’a été à ce point condamnée ; ce qu’il oublie, c’est qu’aucune n’est restée aussi longtemps ouverte illégalement et que c’était avant la loi Mallié !

 

Bref, ce monsieur veut un régime spécial parce qu’il est plus petit que les gros ! Oui, mais moins que les petits bazars, quincailleries et autres TPE (très petites entreprises) qui ont fermé quand il s’est implanté, et là il ne s’est pas préoccupé des salariés au chômage.

 

Nous avons été reçus par les services du Ministère du Travail un peu ennuyé par la situation. Difficile pour eux de défendre la loi Mallié et le travail du dimanche, combattus par le Parti Socialiste quand il était dans l’opposition !

Ce que nous pouvons retenir de cette entrevue, c’est qu’un décret ne sera pas pris et que la loi ne sera pas revue de suite.

 

Pour notre part, nous sommes toujours ouverts à la négociation avec BRICORAMA.

 

Autre déboire pour la société, elle vient de passer devant la Commission des Sanctions de l’autorité des marchés financiers à la suite d'une demande de son actionnaire minoritaire. Comme quoi il n’y a pas que FO qui ennuie l’actionnaire principal dont le chiffre d’affaires au premier semestre s’élevait à 244 milliards d’euros en France.

FO COMMERCE - commerce@fecfo.fr -  Hébergé par Overblog

Repos dominical - FEC FO