...mère de trois enfants : « Ma vie de famille est prioritaire...

Chez Tixier (Lyon 6e), le patron dit «oui», les employés disent «non»

A l'angle du cours Vitton et de la rue Tête-d'Or, dans le 6e arrondissement, la boulangerie Tixier ne désemplit pas hier matin et c'est en préparant des mini-pizzas que le patron, Eric, répond à nos questions. « Oui », il est pour l'ouverture 7 jours sur 7. Pas tellement à cause de la présence d'un Franprix voisin, qui vend des baguettes le dimanche, son jour de fermeture. « Ils ne nous font pas de tort, on n'a pas les mêmes produits » dit-il. Non. Lui, ce qui l'intéresserait dans l'ouverture dominicale, c'est d'arriver à une meilleure organisation du travail. « J'ai 15 employés et je pourrais embaucher 2 voire 3 personnes de plus. On pourrait faire un roulement et ce serait plus facile d'avoir deux jours de repos à la suite ».

D'après lui, la charge de travail serait aussi amoindrie pour les boulangers le samedi, journée de « grosse bourre » où il faut fabriquer beaucoup plus de pain, les clients ayant tendance à faire leurs réserves pour le week-end. « Et puis, ajoute-t-il, ouvrir le dimanche matin, ça ferait de l'animation dans le quartier ». Mais les employés, eux, font la trogne, même si les heures dominicales seraient majorées. Marie, vendeuse et mère de trois enfants : « Ma vie de famille est prioritaire et je suis sceptique sur le fait qu'on ait de la clientèle le dimanche matin ». Sandra, vendeuse et mère de deux enfants, a la même impression. Quant à travailler le dimanche, « à la rigueur de temps en temps, si c'est uniquement le matin et s'il y a un roulement mais je doute qu'ils trouvent du personnel compétent à recruter ». Nathalie, elle, n'est « pas hostile, mais avec parcimonie » à venir travailler le dimanche, car « il y a le côté famille et je fais de la course à pied ». Marion : « On travaille déjà un samedi sur deux, c'est trop, on est crevés en fin de semaine ». Un boulanger en plein pétrissage relève la tête. « Pour moi aussi, c'est négatif ! Ça détruit la vie de famille. Vos enfants et votre femme, vous les voyez quand ? » « De toute façon, c'est moi le patron » sourit Eric Tixier qui reconnaît que « c'est loin d'être fait », allusion aux résistances de la chambre patronale pour faire changer la réglementation. Une cliente glisse : « Moi je suis pour l'ouverture tous les jours car ici, leur pain est très bon mais ce n'est pas à moi de décider ».

Dans le quartier, les files d'attente sont souvent interminables devant les rares boulangeries ouvertes le dimanche matin…


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