Ouverture dominicale : l’appel au boycott des syndicats angevins

  • REPOS DOMINICAL oui, TRAVAIL DU DIMANCHE non
  • Revue de presse

Alors que Jean-Paul Bailly, l’ancien président de la Poste, préconise d’élargir les possibilités d’ouverture dominicale des commerces, les syndicats de salariés font front commun pour empêcher que le dimanche devienne un jour comme les autres. A Angers ils invitent les consommateurs à ne pas se rendre dans les magasins ouverts le dimanche.

 

Souhaitée par les commerçants du centre-ville, soutenue désormais par le maire d’Angers, l'ouverture dominicale les deux dimanches précédant Noël, les 16 et 23 décembre, ne fait pas l’unanimité, notamment du côté des syndicats qui ne décolèrent pas. 

Les six principales organisations syndicales de salariés présentes à Angers - CFDT, CGT, FO, CFTC, FSU et Solidaires - s’en prennent désormais au maire d’Angers, Frédéric Béatse, qu’ils accusent de faire le jeu du patronat. « Nous avons rencontré le maire et le président de l’agglo, ils nous ont dit qu’ils tentaient l’expérience et qu’elle ne serait peut-être pas reconduite l’an prochain », déclaraient en substance les représentants des syndicats. « On nous a promis des chiffres au printemps, mais ils seront comparés à la fermeture de l’année précédente. Sûr qu’ils seront bons et serviront à confirmer le choix du maire pour maintenir ces ouvertures ». 

Les syndicats dénoncent surtout le premier pas de la collectivité qui risque par la suite de confirmer la règle. D’autant que l’Atoll, sera également ouvert, pendant les deux mêmes week-ends, emboitant le pas aux commerces du centre-ville. « A l'Atoll, ce sont principalement des commerces d’ameublement. Un arrêté stipule pourtant qu’ils ne peuvent pas être ouverts et une dérogation ne peut pas se substituer à un arrêté », soulignent les syndicats. Du coté de l’Atoll, la direction précise que « pour être dans le cadre de la loi telle qu’elle existe aujourd’hui, les magasins d’ameublement et de décoration seront ouverts mais ne pourront pas procéder à des ventes de meubles ». 

Pour inciter les collectivités à ne pas renouveler l’expérience, ces derniers s’appuient sur une pétition contre l’ouverture le dimanche effectuée auprès des employés des commerces d’Angers. « 300 d’entre-eux, opposés au travail le dimanche, ont signé la pétition», affirment les syndicats. Cette pétition avait d’ailleurs soulevé l’indignation du GEC (Groupement d’entente du commerce) de Maine et Loire qui dénonçait, par la voix de son président, Fabien Rebours, « une méthode fausse et mensongère, les syndicats faisant croire que les magasins seront ouverts tous les dimanches, alors que nous ne parlions que des dimanches de Noël. Il faudrait qu’ils comprennent la situation économique du commerce angevin ». 

" Les salariés cèdent sous la pression économique "

Pour les syndicats, Noël ou pas il n’est pas question d’ouvrir le dimanche, ce jour étant considéré comme un jour de repos nécessaire aux salariés. « Ce n’est pas en ouvrant le dimanche que les commerçants gagneront plus d’argent, les consommateurs n’en ont pas plus à dépenser. En plus ils sont contraints de payer des heures supplémentaires. Un sondage effectué dans une grande surface de la périphérie d’Angers démontre que 75% des employés ne sont pas favorables au travail le dimanche. Celle-ci va devoir faire venir du personnel d'autres magasins.» 

Les syndicats pointent du doigt les bas salaires qui conduisent à une certaine précarité et une obligation d’accepter le travail le dimanche. « Les salariés cèdent sous la pression économique. S’ils acceptent, tout le monde devra travailler, y compris ceux qui font actuellement leurs courses le dimanche. Pourquoi ne pas ouvrir la nuit pendant que nous y sommes ». 

Convaincus qu’il est nécessaire, pour la santé des travailleurs, de conserver le repos dominical, les représentants syndicaux appellent les consommateurs « à ne pas se rendre dans les magasins ouverts le dimanche », considérant que ces dispositions, « qui ne créent pas d’emploi, contrairement à ce que l’on peut entendre, détruisent la vie familiale et culturelle ». 
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