RAPPEL : DEROGATIONS AU REPOS DOMINICAL : QUI FAIT QUOI ?

Posté par syndicat FO commerce le 28 août 2009

Extrait du JEC COMMERCE n°05


Nous ne parlerons ici que des dérogations issues de la loi du 12 août 2009. Outre le fait que cette loi soit privative de droits pour les salariés, qu'elle ne donne pas de garanties fixes (voir JEC du 21 août 2009), elle est écrite de façon à être particulièrement difficile à saisir dans son ensemble.

 

Nous avons eu des remontées de nos Camarades : certains patrons n'hésiteraient pas à se servir de leur méconnaissance du sujet pour passer en force. Dans une entreprise de vente d'articles de sport, une de nos déléguées a appris par la direction que tout son département était classé zone touristique. Cette entreprise qui va “à fond la forme”, va également à fond dans le mensonge, puisqu’aucun département n'est classé zone touristique et que la commune où se trouve l'établissement n'est pas touristique ! Dommage pour l'employeur car il ne peut pas non plus prétendre faire partie d'un PUCE. Heureusement pour les salariés car ils ne seront pas contraints à renoncer à leur repos dominical.


Des décrets d'application vont venir compléter la loi pour les PUCE.


Pour les communes touristiques et thermales, qui sont aujourd'hui 464, celles qui sont visées par la loi sont définies par l'article R.3132-20 du code du travail qui dispose que :

« Pour figurer sur la liste des communes touristiques ou thermales établie par le Préfet, les communes doivent accueillir pendant certaines périodes de l'année une population supplémentaire importante en raison de leurs caractéristiques naturelles, artistiques ou historiques ou de l'existence d'installations de loisirs ou thermales à forte fréquentation.


Les critères notamment pris en compte sont :

1° Le rapport entre la population permanente et la population saisonnière.

2° Le nombre d'hôtels.

3° Le nombre de gîtes.

4° Le nombre de campings.

5° Le nombre de lits.

6° Le nombre de places offertes dans les parcs de stationnement d'automobiles ».


Pour les zones touristiques c'est une tout autre affaire. A notre connaissance la seule définition est celle de l'INSEE : une zone touristique est une aire géographique attractive pour le développement du tourisme, reconnue pour la richesse de son environnement et de son patrimoine. Mais cette définition n'est pas forcément reprise par les tribunaux. Il existait dans la région parisienne de très jolis champs de betteraves, proches de l'aéroport de Roissy. Le Préfet a décidé de les classer zone touristique et depuis, c'est un centre commercial qui s'appelle PARIS NORD II. La Cour administrative avait été saisie sans aucun succès.


Chaque délégué, chaque membre du CE, chaque délégué du personnel, chaque membre du CHSCT se doit de vérifier si l'établissement où il travaille est classé ou non. Pour ce faire, il faut se renseigner au syndicat départemental du commerce ou à l'UD. S'ils n'ont pas l'information, il faut contacter la mairie ou la préfecture. Le problème des zones touristiques, c'est qu'elles peuvent évoluer très rapidement. Dans tous les cas le Préfet demandera l'avis des organisations syndicales, locales ou départementales. Donc les UD, les UL et les syndicats départementaux du commerce auront un avis à rendre et pourront en informer les délégués locaux qui en informeront la SFP Commerce et éventuellement le DSC.


Si nous voulons éviter la prolifération du travail du dimanche, il reviendra à chacun de vérifier que toutes les conditions pour que le Préfet prenne sa décision ont bien été remplies. S'il y a un accord conclu au niveau national, il est impératif que le DSC l'envoie à chaque DS, membre du CE ou délégué du personnel, afin que chacun puisse vérifier que le Préfet a bien rempli toutes ses obligations.


Vous trouverez également, pages 5 à 6, copie de la lettre adressée au Maire de Paris par le Syndicat du commerce FO afin de le mettre en garde sur les extensions que généreraient le classement du Boulevard Haussmann en zone touristique et ses conséquences pour les salariés.


A quelque niveau de négociation que se trouvent les militants FORCE OUVRIERE, ils doivent avoir à l'esprit que notre organisation syndicale a saisi l'OIT et que tout accord signé sur ce sujet par FO viendrait affaiblir notre saisine et servirait la cause des employeurs.


B. BELLON - C. LE COMTE -  F. NICOLETTA

 

L'intégralité sur :  jeccommercen05.pdf

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