SAMEDI et DIMANCHE

SAMEDI et DIMANCHE


Une nuit, le point sur la hanche,

Samedi disait à Dimanche :

" Est-ce pour toi

Que nous nous épuisons, nos cinq frères et moi ?

Ne sommes nous pas tous de la même famille ?

Lorsque sous la fatigue on nous voit haletants,

Monsieur le paresseux en grand seigneur s'habille,

A chanter, à danser, monsieur passe son temps.

Toujours de nos labeurs vivras-tu sans rien faire ?"


Dimanche répondit : "Mon frère,

Vous vous livrez chacun à des soins importants,

Je l'avoue ; éh bien ! moi, que vous croyez futile,

Atant que vous je suis utile.

Après un long travail comme il faut des loisirs,

C'est moi qui m'intéresse à vos rares plaisirs ;

Les danses, les festins, les jeux, les promenades,

A moi vous les devez, ô mes bons camarades !

Enfin, ô doux échange, ô fraternelle loi !

Je vous amuse, et vous, vous travaillez pour moi. "

 

Extrait de : Fables de LACHAMBEAUDIE

 

LE 6 JUILLET 1872


Mort de Pierre Lachambeaudie, poète, fabuliste et chansonnier 

Avant la Révolution de février 1848, il appartenait au groupe des saint-simoniens. Ses fables populaires, publiées en 1839, traduisent ses fortes convictions démocratiques. Il devint par la suite un ardent défenseur du prolétariat et mit sa poésie au service de la liberté et de la justice. Son poème La pauvreté c’est l’esclavage, publié quelques semaines après l’insurrection de juin 1848, sous la terreur, fit sensation.

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