Travail dominical, c'est reparti

  • REPOS DOMINICAL oui, TRAVAIL DU DIMANCHE non
  • Revue de presse

L'affaire Bricorama confirme les failles de la loi et relance la polémique. Le gouvernement va devoir trancher sur ce dossier épineux.

 

 

Le gouvernement reste de marbre. Pas question de céder aux pressions de l'enseigne de bricolage Bricorama, qui fustige les incohérences de la loi Mallié de 2009 sur le repos dominical. Cette réglementation complexe instaure des zones où l'ouverture des magasins le dimanche est autorisée. Une trentaine de magasins Bricorama d'Île-de-France sont exclus de ces territoires, alors que certains de ses concurrents se retrouvent à l'intérieur. En guise de protestation, Jean-Claude Bourrelier, le PDG du groupe, a ouvert en toute illégalité le 7e jour. Attaqué en justice par le syndicat FO, le frondeur risque, vendredi, de régler la somme astronomique de 18 millions d'euros d'astreinte. Au JDD, maître Vincent Lecourt, avocat de FO, parle même d'une pénalité record de 40 millions d'euros.

"Bricorama s'est mis dans une terrible situation en violant la loi en toute connaissance de cause. Il est impensable de créer une exception pour cette enseigne", avertit le ministère du Travail. L'entourage de Sylvia Pinel, ministre en charge du Commerce, est sur la même longueur d'onde : "La loi est la même pour tous." La promesse électorale de François Hollande de revenir sur une législation qui "crée de l'instabilité" n'est même pas évoquée.

La menace du recours au chômage partiel

Pourtant, le débat s'envenime. Jeudi, Jean-Claude Bourrelier a officiellement demandé aux préfets de lui accorder des dérogations exceptionnelles pour ouvrir . Il faudra bien lui répondre. Enfin, le frondeur, agite comme un chiffon rouge la convocation, mercredi, d'un comité d'entreprise exceptionnel, avec comme ordre du jour le recours éventuel au chômage partiel. Chantage ou réalité? Aujourd'hui, les 32 magasins d'Île-de-France seront fermés pour la première fois. Et Jean-Claude Bourrelier a déjà signalé que 500 emplois sur 2.500 étaient menacés par la procédure en cours. Un argument choc quand la lutte contre le chômage est une priorité.

"Un décret qui accorde une dérogation pour les magasins de bricolage suffirait pour mettre un terme à la polémique, mais je ne le recommande pas", assure le député PS Christian Eckert, coauteur d'un rapport sur la loi de 2009. Et pour cause, le gouvernement Fillon avait envisagé au printemps dernier de prendre une telle mesure. Mais le texte n'a jamais été publié au Journal officiel…

Autre option : réviser la loi. Mais aucun parlementaire ne se bouscule. Christian Eckert, rapporteur général de la commission des Finances, botte en touche : "Je connais bien les lacunes du système. Il faudrait par exemple imposer un doublement des salaires pour ceux qui travaillent le dimanche, quelle que soit la zone. Mais je n'ai pas de temps à consacrer à cette réforme." Ou, plus exactement, à ce traquenard. Le débat sur le travail du dimanche a empoisonné une partie du précédent quinquennat. En 2007, Nicolas Sarkozy avait défendu le shopping de fin de semaine pour dynamiser la consommation, et par ricochet l'emploi. Deux ans de polémiques ont suivi. Trois ministres du Travail, Xavier Bertrand, Brice ­Hortefeux et Xavier Darcos, se sont succédé sur ce sujet épineux. Avec à l'arrivée une loi bancale. Et aucune étude capable de prouver l'impact sur les ventes et la création de postes. Bis repetita?

 

http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/Travail-dominical-le-dossier-revient-dans-le-debat-politique-573261

FO COMMERCE - commerce@fecfo.fr -  Hébergé par Overblog

Repos dominical - FEC FO