Travail dominical : «On ne vit pas uniquement pour travailler»

  • REPOS DOMINICAL oui, TRAVAIL DU DIMANCHE non
  • Revue de presse

extrait de l'article : http://www.liberation.fr/economie/2012/12/17/travail-dominical-on-ne-vit-pas-uniquement-pour-travailler_868257

 

Interviews Poursuivie pour ouverture dominicale, l'enseigne Bricorama a échappé à l'amende. Droit au repos ou liberté du travail ? Un syndicaliste et un étudiant travaillant le dimanche pour payer ses études donnent leurs points de vue.

Recueilli par Dominique ALBERTINI

La décision du tribunal de Pontoise sur l'ouverture dominicale de magasins Bricorama ne met pas un terme au débat sur le sujet, qui sera prolongé par le probable appel du syndicat, ainsi que par d'autres échéances judiciaires sur le même sujet début 2013. 

Libération a sollicité la réaction de Christophe Lecomte, secrétaire adjoint de la section commerce de la FO-FEC (Fédération des employés et cadres), mais aussi de Guillaume Goncalves, un étudiant en chiropractie travaillant le dimanche pour financer ses études. L'un défend le droit des travailleurs au repos dominical, l'autre la liberté de travailler le dimanche.

Christophe Lecomte (FO) :
«Le repos dominical, c'est la loi»

Comment prenez-vous la décision du tribunal ?

Nous allons réunir nos instances pour savoir si nous faisons appel. Et nous le ferons sans doute. Si on laisse passer ça, Bricorama va se sentir pousser des ailes. Nous sommes prêts à produire de nouvelles pièces : on ne manque pas d’articles de presse et de séquences de télévision où ils reconnaissent eux même qu’ils ouvrent leurs magasins illégalement, et demandent une astreinte moins forte.

Sur le fond, pourquoi, selon vous, faut-il préserver le repos pour tous le dimanche ?

Parce que c’est la loi. Le repos dominical a été revendiqué par les travailleurs avant même la loi de 1906, puis çe fut la semaine de deux jours de repos consécutifs. On ne vient pas sur Terre uniquement pour travailler. C'est pourquoi nous réclamons que tous les magasins soient fermés le dimanche. Nous ne sommes pas contre le travail, nous sommes pour que les gens puissent se reposer. Si le propriétaire veut ouvrir, qu’ils vienne le faire lui-même. Aujourd’hui, nous voulons l’abrogation des lois Mallié et Debré [qui ont élargi les possibilités d’ouverture le dimanche, ndlr]. Si l’Etat veut prendre le relais pour remettre de l’ordre chez ceux qui ne respectent pas la loi, qu’il ne se gène pas.

Faut-il laisser à chaque salarié le choix de son jour de repos ?

Pourra-t-on aussi, alors, choisir les jours d'écoles pour nos enfants, les jours d’ouverture des administrations...? Quand on vit en collectivité, il faut des règles collectives. C’est une contrainte, mais elle vise à protéger les plus faibles. En l’occurence, les travailleurs à temps partiels, au Smic, qui sont les victimes.

Pensez-vous que les salariés soient libres de refuser le travail dominical ?

Le jour où les salariés pourront dire merde à leur patron n’est pas arrivé. A l’embauche, le refus de travailler le dimanche est clairement un motif de rejet. Au long d’une carrière professionnelle, il peut conditionner l'évolution dans la hiérarchie et dans l'échelle salariale. A Bricorama, il y a beaucoup de turn over en semaine, donc les salaires ne progressent pas beaucoup. Ceux qui travaillent le dimanche reçoivent un traitement de préférence.

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