TRAVAIL DU DIMANCHE CHEZ ED: FO RÉITÈRE SON OPPOSITION

Le gouvernement a fêté le premier anniversaire de la loi qui a étendu les possibilités d’ouverture des magasins le dimanche. Pour autant, les opposants à cette loi ne désarment pas. Certains aimeraient faire croire qu’il s’agit d’un combat d’arrière-garde. Certes, nombreux sont ceux pour qui les motifs religieux à l’origine du repos dominical peuvent paraître obsolètes. Mais pour beau- coup de foyers, le dimanche reste le seul jour où la famille peut se trouver réunie et ceux qui se satisfont de meilleures rémunérations ce jour-là feraient bien de prendre garde. A cet égard, le cas du discounteur ED est significatif.

 

Rémunération et travail du dimanche

Aucun salarié ne travaille le dimanche pour le plaisir. Ce sont les rémunérations attractives proposées, heures souvent payées avec des majorations allant jusqu’à 100% et une récupération de ces heures en repos compensatoire qui peuvent attirer des volontaires... par- fois plus ou moins contraints d’ailleurs.

Ce qui est passé sous silence, c’est que cette rémunération avantageuse n’est due que si l’ouverture est dite “occasionnelle”. Lorsqu’elle est “régulière”, la Convention Collective du Commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire ne prévoit aucune rémunération supplémentaire, pourvu que le salarié bénéficie dans la semaine d’un repos de trois demi- journées consécutives, souvent le dimanche après-midi suivi du lundi. A défaut, la majoration due n’est que de 20 %.

 

Le travail du dimanche chez ED

A l’occasion de la négociation annuelle 2008, la Direction d’ED avait proposé d’améliorer la rémunération des personnels amenés à travailler le dimanche. Le projet visait à accompagner l’extension prévue des ouvertures dans les magasins concernés. La proposition consistait à offrir des avantages supérieurs à ceux de la convention collective :

- Taux de majoration des heures de 30 % au lieu de 20 % ;

- Majoration sans condition, y compris dans le cas où les trois demi-journées de repos consécutives étaient assurées.

La proposition avait pour conséquence d’affranchir l’entreprise de toute obligation en matière de repos hebdomadaire, seules les règles légales restant à satisfaire. Surtout, elle permettait de “faire passer la pilule” à bon compte : alors que la majorité des salariés étaient payés au SMIC, l’écart de 10% proposé (30% - 20%) représentait en brut... 0,886 euros par heure travaillée.

 

Les problèmes posés aux salariés

Tout d’abord, il convient bien de préciser que le “contingent” total d’heures de travail hebdomadaire affecté au magasin reste constant avant et après l’ouverture du dimanche. Il s’agit donc d’assurer le complément d’amplitude d’ouverture sans moyens supplémentaires, ce qui entraîne un accroissement de la charge de travail. Affirmer que l’ouverture du dimanche sera facteur d’embauches supplémentaires est donc bien un leurre.

Ensuite, le travail du dimanche entraîne des difficultés parfois insurmontables pour les personnels en matière d’organisation : comment faire garder ses enfants le dimanche ? En cas d’éloignement du domicile, absence ou insuffisance de transports en commun, les problèmes sont encore accrus.

La FGTA-FO a donc refusé de signer l’accord proposé, qui aurait donné un blanc seing à la Direction d’ED pour l’extension progressive du travail du dimanche à la totalité des magasins. Mais passant outre, la direction a mis en œuvre un projet de manière unilatérale.

 

Demain la logistique, après-demain les services?

L’ouverture des magasins le dimanche risque de conduire dans le même sens les entreprises de transport, de façon à assurer la livraison régulière des points de vente pour l’approvisionnement du lundi matin. Et ce n’est qu’un début : à n’en pas douter, l’extension généralisée de l’ouverture des commerces le dimanche pourrait conduire à une adaptation comparable de certains services : ouverture des crèches, extension des horaires de mise à disposition des transports en commun...

L’exemple de ED augure mal de l’avenir, au cas où l’ouverture du dimanche viendrait à s’installer peu à peu dans le paysage commercial : progressivement, d’occasionnel, le travail du di- manche deviendrait régulier, les entrepôts et services centraux ouvriraient à leur tour, puis les services publics suivraient à plus ou moins long terme. Parmi les services offerts dans les galeries marchandes, les banques, bureaux de poste, ne manqueraient pas d’être concernés également. C’est ainsi que, progressivement, le dimanche deviendrait un jour comme un autre. N’est ce pas, au final, ce que souhaitaient les partisans de la loi qui a élargi les possibilités d’ouverture des magasins le dimanche?

 

Jean-Paul Millet

 

http://www.fgtafo.fr/ressources/acteurs_ed.pdf

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