Travail le dimanche: «Il y a un tel silence le dimanche à Paris»

  • REPOS DOMINICAL oui, TRAVAIL DU DIMANCHE non
  • Revue de presse

REPORTAGE – Parisiens, banlieusards, touristes... Que pensent-ils des commerces fermés le dimanche? «20 Minutes» leur a posé la question...

Pour eux, ça a été «une vraie surprise». «Nous ne nous attendions pas à être confrontés à un tel silence à Paris le dimanche. Surtout qu’à Londres, qui n’est pas très loin, c’est un jour si animé!», lance François, un Sud-Africain de 54 ans.Son épouse, Carol, 47 ans, n’arrive «pas bien à comprendre pourquoi les boutiques sont fermées. Ce n’est vraiment pas pratique pour les touristes et ce n’est pas bon pour votre économie… Mais, heureusement, nous n’avons eu aucun problème pour trouver un restaurant et déjeuner».

«Au Canada, c’est normal»

«Je n’ai pas l’habitude de faire mes courses le dimanche, mais c’est vraiment culturel. Au Canada, où sont partis vivre mes deux fils, les boutiques sont ouvertes tous les jours et tout le monde trouve cela normal», sourit Renée, 56 ans. Elle gère la boutique Obut, spécialisée dans les boules de pétanque et située près de la station Parmentier (Paris XIe). «Travailler le dimanche? Si le siège me le demandait, ça ne me dérangerait pas. Mais il faudrait embaucher une autre personne, je ne pourrais plus être seule pour faire tourner la boutique, et je ne suis pas certaine que cela ramènerait beaucoup de clients

Au Darty République, la matinée est plutôt calme. Deux employés discutent au rayon informatique. «Nous avons ouvert tous les dimanches de décembre et honnêtement, en termes de chiffre d’affaires, ça n’a pas été très concluant», réagit Anthony (1). Avant d’ajouter: «Mais c’est peut-être parce que les clients n’ont pas l’habitude».

Et «tant mieux», parce que travailler les dimanches, «même payé triple, c’est hors de question! Je rentre tous les soirs à 20h30 et je bosse le samedi. Le dimanche, c’est le seul moment où je peux passer du temps avec mes enfants.» Sa collègue intervient: «Et moi, c’est le seul jour où je peux bruncher avec mes copines. Si je travaillais le dimanche, j’aurais bien sûr un autre jour de récupération dans la semaine, mais qu’est-ce que je ferai, toute seule? Ce n’est pas bon pour la vie sociale, ça.»

«Et qui garderait mon fils?»

Un peu plus loin, Mélanie, 30 ans, et Julien, 34 ans, font leur pause café. La première rêverait d’un Paris ouvert 7 jours 7: «S’il y avait plus de boutiques accessibles ce jour-là, je ferai encore plus de shopping!». «Eh ben justement, vois les choses du bon côté: ça te permet de ne pas trop dépenser d’argent», s’agace Julien, absolument opposé à l’idée de transformer le dimanche en jour ouvré. Sauf «si les employeurs avaient l’obligation de recruter des étudiants ou des demandeurs d’emploi pour assurer le service… Parce qu’il faut que ça apporte un plus à la société, sinon, je ne vois pas l’intérêt».

D’autant plus qu’il connaît la chanson, lui dont la femme infirmière travaille déjà un dimanche sur deux. «Et sans être payée double, bien sûr. Car il faut le dire: il n’y a pas d’avantage particulier dans les métiers où travailler le dimanche est considéré comme normal… Et si, demain, mon employeur me demandait de bosser le dimanche, qui garderait mon fils? Parce qu’il n’y a pas une seule crèche ouverte ce jour-là».

(1) Prénom d’emprunt 

http://www.20minutes.fr/societe/1287358-20140202-il-tel-silence-dimanche-a-paris

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